CHAPITRE LXXXV
ver sur la Bérézina,il avait cependant porté à l’armée française un coup beaucoup plus fatal que le général prussien. La fin de sa campagne répondait au commencement : il ne livra pas Reynier, il lui donna même du temps pour se replier; mais en neutralisant l’armée autrichienne, il permit à l’ennemi de poursuivre librement les Français.
En récompense des services du maréchal Ney, spécialement dans la dernière campagne, l’Empereur érigea en principauté, sous le titre de principauté delaMoskowa, le château de Rivoli, département du Pô, et les terres qui en dépendaient, pour être possédées par le maréchal et ses descendans ( 8 février). Aucune distinction n’avait été mieux méritée.
Depuis la séparation du concile, à la fin de i8n,
et les différends existans pour les affaires de religion subsistaient toujours. Sur la crainte qu’il ne fut en^ levé par les croisières anglaises, au mois de juin i8ia. Napoléon l’avait fait transférer de Savonne à Fontaineble.au, où il jouissait de plus de liberté et tenait une sorte de cour. A peine l’Empereur fut de retour à Paris, qu’il sentit le besoin de rétablir la paix religieuse et d’en finir avec le chef de l’Église; le Mmmenceraent de la nouvelle année en fournit 1 occasion. Napoléon fit complimenter le pape, qui lui envoya le cardinal Doria pour le remercier. Il fut convenu de rouvrir les négociations; l’évêque de Nantes, Du Voisin, en fut chargé. Des conférences eurent lieu au palais de Fontainebleau , où se trou-
1^8 EMPIRE, AN l8l3.
vaienl alors l’archevêque de Tours, les êvéques de Trêves et d’Évréüx , et les cardinaux Doria, Dngttatti, Ruffo et de Bayanue. Lorsqu’on jugea la négociation assez avancée pour arriver à une cc^clttsion, l’Êtnpereur se rendit à Fontainebleau, le i(g janvier, sans être attendu. Il alla directement auprès du pape; il était en conversation avec les Cardinaux et évéqiies qui demeuraient dans le palais; ils se retirèrent; Napoléon l’embrassa et lui donna des témoignages d’amitié; le pape s’en montra extrêmement satisfait. L’Impératf-ice et la cour arrivèrent. Les conférences continuèrent, elles se terminèrent, le a5, par k si* gnature d’un concordat qui décidait le# principales questions en litige et rétablissait la bonne harmonie entre Pie VII et l’Empereur. Un revenu de 2 millions de francs était assigné au pape. Des règles étalent déterminées pour l’institution des évêques. Le pàpe était rétabli dans l’exercice du pontificat. Qtiant à sa résidence, pour rte pas se heurter contre Paris on Rome, on convint d’Avignon.
Que , fatigué de sa longue captivité , entraîné par ses conseillers , séduit par Napoléon , Pie VII eût signé le concordat , il n^y a là rien que de très probable; mais que l’Empereur eôt, comme oh l’a imprimé, employé la violence , èt saisi le pape ks cheveux ', c’est Une absurde calomnie démentie par le pape lui^nême. *
* Mémoires historiques sur les affaires ecclésiastiques ^ Jauffret. Bonaparte et les liottrbonsy par Chàteaubriaiit. *
'■* Mémoires du cftHinal Pacca, t. ii. p. 85. '