CHAPITRE LXXXVI
et de n’y avoir aucun égard. J^e lendemain , 2 5 mars, ^ fut publié un décret par lequel le concordat du 2 5 janvier, déjà publié comme loi de l’état, était rendu obligatoire pour les archevêques, évêques et chapitres. La connaissance de toutes les affaires connues sous le nom appels comme d^abue, et de toutes celles qui résulteraient de la non-exécution des lois des concordats fut attribuée aux cours impériales. Le grand- juge fut chargé de présenter un projet de loi pour déterminer la procédure et les peines applicables dans ces matières.
Par un autre décret du même jour, grâce entière fut accordée à tous les individus des départemens de Rome et du Trazimène qui avaient encouru les peines portées' par les lois pour avoir refusé le serment à l’Empereur, pourvu qu’ils le prêtassent dans le delai de trente-cinq jours.
L’Empereur nomma sénateurs, dans les termes les plus honorables, le cardinal Bayanne, et Bourlier, évêque d’Évreux. Il desirait que le clergé de son Empire vit dans ces choix un témoignage de Insatisfaction qu’il avait de sa fidélité , de ses lumières, de son attachement à sa personne.
Le même jour, le cardinal di Piétro, regardé à juste titre comme le principal auteur de la rétractation du pape, fut relégué à Âuxonne. Les autres cardinaux restèrent auprès de lui , avec défense d’exercer aucune fonction , de <se mêler d’aucune affaire. Cependant , d’après leur conseil, il leur adressa,
Je qniuij une allocution, dans laquelle il déclarait
aoa EMPIRE. A.H l8l3.
protester contre les décrets des 1 3 février et a 5 mars.
Excepté un parti dé dévots et de nobles , boudeurs et mécontens , en France , on ne se passionnait pas pour ces différends entre l’Empereur et le pape; à peine si on y faisait attention .• c’est le cardinal Pacca lui^méme qui l’atteste. Etant à Fontainebleau , il remarqua dans les habitans un esprit général d’indifférence en matière de religion. Les églises étaient peu fréquentées et ne l’étaient que par les gens du peuple, et presque seulement par les femmes; on n’observait ni ne sanctifiait les fêtes. Beauconp de personnes ne pratiquaient aucun acte religieux, ne demandaient pas même les sacremens à l’article de la mort, et s’inquiétaient fort peu de l’assistance des prêtres. Les jours de fêtes, on travaillait, on
vendait comme les autres jours*; il en était ainsi dans toute la France
Les malheurs de la campagne de i8ia, les dangers dont le trône et la dynastie avaient été menacés par le complot de Malet, les absences obligées de l’Empereur , les vicissitudes d’une guerre dont on ne vo3rait plus le terme , donnèrent lieu à des réfledons sérieuses. Napoléon pouvait mourir, son fils étant mineur. Rien n’avait été prévu pour la régence. Il jugea à propos d’y pourvoir. On voit avec peine im grand homme, né pur de la contagion princière, saisi dans sa jeunesse par la révolution , par elle re^ vêtu de la plus Haute de toutes les missions, depuis
’ Mémoires <în cardinal Pa«îa,t. n , p. i4î.