CHAPITRE LXiXVt
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douze ans risquant lui , son tt*ône , sa dynastie , dans un jeu hasardeux et terrible, s’iihaginer qü’^iin senatus-consulte, lin chiffon de papier, sauverait un ^édifice gigantesque qui ne reposait qiie sur sa tête, et faisatit chercher des garanties dans les vieux fatras dés tradîtiohs de la niOharchie , dans les exemples surannés de ses annales , depuis la reine BrUtaehaut jusqu’à Marie de Médicisl Qu’y trouva-t-on? que le suffrage des peuples , le vceü des grands , les réSblulidns du conseil , les testamens des monarques , les arrêts -des parlemens, avaient tour-à-tour et presque toujours , sous l’influencé publique ou secrète des passiôns , de l’intrigue , de la corruption , <le la séduction, de la force, déféré la régence. Ce qui pendant douze siècles s’étâit joué de l’intérêt dynastique , Napoléon se crut assez sage, assez fort, pnnr lui imposer des règles fixes, immuables. Un sénatus- consulte du 5 février organisa la régence pendant la minorité des Empereurs. Elle était déférée par l’Empereur; s’il n^âvait pas disposé, elle appartenait à l’Impératrice, à son défaut au premier prince du sahg , enfin aux princes grands-dignitaires. Des titres réglaient Fétenduê du pouvoir, dè la régence èt de sa durée, la formation du conseil de régence, le mode de ses délibérations, la garde de l’Empereur mineur , le serment de lltapératrice régente et celui du prince régent, radministration du domaine impérial et la disposition des revenus , le sacre et le couronnement de l’tmpératrice , ceux du prince impérial roi de ïtottie.
2o4 empire. AN l8l3.
Le rapport sur ce sénatus- consulte fut fait par Pastoret: «heureux, dit-il, comme membre du premier Corps de l’empire, de pouvoir admirer et bénir cette prévoyance qui ajoute à la stabilité des constitutions de l’état par des institutions sages et fortes,qui deviennent un bienfait de plus pour les Français. »
En 1 8 1 a , il n’y eut point de convocation du Corps- Législatif. On était au faite de la puissance. En i8i3, on avait déchu. Le 1 4 février, l’Empereur ouvrit la session. Il commença par la campagne d» Russie; après avoir parlé de ses succès , « la rigueur excessive et prématurée de l’hiver , dit-il , a fait peser sur mon armée une affreuse calamité. En peu de nuits j’ai vu tout changer. Fai fait de grandes pertes. Elles auraient brisé mon âme, si dans ces grandes circonstances j’avais dû être accessible à d’autres sentimens qu’à l’intérêt, à la gloire, à l’avenir de mes peuples.» La joie des ennemis, et surtout de l’Angleterre, avait été à son comble. L’énergie des peuples avait ramené les ennemis à un sentiment plus juste des choses. Les malheurs avaient fait ressortir la grandeur et la solidité de l’Empire. Les nouveaux Français rivalisaient de dévoûment avec les anciens. Les différends avec le pape étaient terminés par un concordat. La dynastie française régnait et régnerait en Espagne. Il était satisfait de la conduite de tous ses alliés, il n’en abandonnerait aucun. Il desirait la paix, elle était nécessaire au monde. Quatre fois, depuis la rupture du traité d’Amiens, il l’avait offerte solennellement.il ne ferait jamais qu’une paix hono-