CHAPITRE LXXX
comme forteresse, cette place l’était aussi comme un grand entrepôt pour l’armée. Rapp en était gouverneiu*. Murat s’y trouvait, mécontent de ce qu’on ne lui avait pas permis de venir à la réunion ' des rois ^ et princes à Dresde. L’Empereur s’entretint familièrement avec eux et Berthier de la guerre, de ses projets, de ses espérances. Il parcourut >toos les ouvrages, ceux de Weichselmund, et les différens points de la rade; il passa les troupes en revue,' reçut le sénat de Dantzig; organisa les transports des approvisionnemens par la navigation. Rapp lui demanda et obtint de reprendre, pendant la campagne, son service d’aide- de- camp. ■
Le » 1 au matin, l’Empereur reprit la grande route de Kœnigsberg à'Marienbourg, rejoignit le beau I corps du maréchal Davoust, fort de 70 ,000 hommes, parfaitement organisé et tellement pourvu de tout ce qui était nécessaire à ses besoins; qu’il pouvait se suffire à lui-même;
Le 12, l’Empereur arriva à Kœnigsberg et pendant cinq jours s’occupa jour et nuit avec son ministre Daru des subsistances, des transports et de la police de l’armée. Il y reçut 'par son aide -decamp Flahaut, qu’il avait envoyé au prince Schwarzenberg , les ' rapports les plus satisfaisans sur l’armée autrichienne , prête à ouvrir la campagne du côté de la Galicie. ,
La connaissance' acquise à' Dresde par Napoléon de la communication faite par le cabinet rus.se aux divers cabinets des conditions exigées, le 3o avril, *
EMPIBE. — AK 1812.
par Kourakin , l’avait décidé à quitter cette ville.
Il ne pouvait plus feindre de croire , comme il l’avait fait en donnant l’ordre à Lauriston de se rendre auprès d’Alexandre, que l’ambassadeur russe avait mal compris ses instructions. Le mauvais succès de la mission de Narbonne, ne permettait plus d espérer que celle de Lauriston eût une meilleure issue. Sans l’attendre. Napoléon lui fit écrire, le la juin, par son ministre des relations extérieures, qu’il eût à demander ses passeports. Kourakin fut en même temps prévenu que puisqu’il n’était plus possible de douter qu’il n’eût, dans sa note du 3o avril, suivi les instructions de sou cabinet, l’ordre était donné de lui expédier les passeports , dont ses demandes réitérées étaient regardées par l’Empereur comme une déclaration de guerre. ‘
Le 17, il s’arrêta à Welhau, le 18 à Insterbourg.
U se trouva au milieu de deux cent mille hommesqui y arrivaient à-la-fois par quatre chemins différens, et leur fit distribuer des vivres pour gagner le Niémen et Wüna.
Le 19, àGumbinen, un courrier annonça que Lauriston n’avait pu obtenir d’aller trouver Alexandre ; on lui avait seulement permis d’envoyer un exprès pour solliciter une audience; on lui avait répondu, le 8 juin, qu’il eût à s’expliquer par écrit. « Les vaincus, dit Napoléon, prennent un ton de vainqueurs. La fatalité les entraîne ; que lesdestins s’accomplissent ! »
' * Lettres du duc de Bassaoo. i> « *