CHAPITRE LXXXVII
Défection du roi de Prusse. — L'Autriche propose son intervention. — Traité de Kalisch entre la Prusse et la Russie.^
— Activité de Napoléon , efforts de la France. — Appel delà coalition aux princes et aux peuples. — Traité de Stockholm entre la Suède et l’Angleterre. — • Otto remplacé à Vienne par Narbonne. — Intelligences de l’Autriche avec la Russie.
— Communications au sénat, levées de gardes nationales, de conscrits , de gardes d’honneur. — Promesses des rois aux peuples. — Déclaration du comte de Lille. — Régime constitutionnel suspendu dans la 3a* division militaire. — L’Impératrice nommée régente. — Napoléon cherche la popularité; faveurs, promotions. — Départ de Bubna ; arrivée de Schwarzenberg à Paris. — Départ de Napoléon pour l’armée.
— Il arrache le roi de Saxe à l’Autriche. — Explications de Narbonne avec Metternich, de Maret avec Schwarzenberg.
Malgré l’indignation du roi de Prusse, ses protestations de fidélité à l’alliance, la mission du prince, de Hatzfeld , et son offre de remplacer les troupes d’Yorck par un nouveau contingent, Frédéric-<iuillaume quitta brusquement Potsdam, le aa janvier, pour se rendre à Breslau au-devant de l’empereur Alexandre. D’après l’invitation qui lui fut faite,
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l’ambassadeur de France, Saint-Marsan, y suivit le cabinet.
Comme on l’avait prévu, l’aide-de-camp Natzmer ne se rendit, ni auprès du général Rleist, ni auprès du général d’Yorck. Ce général publia une proclamation portant qu’il continuerait sans hésiter à garder le commandement des troupes, attendu qu’il n’avait connaissance de la décision du roi que par les gazettes, et que ce n’était pas par cette voie qu’il devait recevoir des ordres.
A peine le roi fut-il arrivé à Breslau que le général Bulow, inodtant Yorck, ouvrit ses cantonnemens, et facilita le passage de l’Oder aux troupes légères russes, qui vinrent livrer de petits combats aux portes de Berlin.
Par trois ordonnances successives , le roi appela aux armes les jeunes gens assez riches pour s’habiller et s’équiper à leur frais, ensuite toute la jeunesse de dix-sept à vingt-quatre ans, et enfin tous les hommes au-dessus de cet âge. Des officiers prussiens furent envoyés avec éclat au quartier général russe; des agens russes se succédèrent à Breslau; l’empereur Alexandre y arriva.
Après que Schwarzenherg eut livré Varsovie aux Russes, il se retira sur Cracovie avec un bataillon français détaché du corps de Reynier, et le corps polonais de Poniatowski, obligés de suivre le mouvement des Autrichiens. Reynier, commandant le 7° corps et les Saxons, prit la route de la Saxe. Le l 'i février, atteint à Kalisch par le corps d’armée de