‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 97 sur 300 · CHAPITRE LXXXVII. Si · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXVII. Si

Winzingerode , il subit un combat inégal , d'autant plus fâcheux qu’une brigade de cavalerie saxonne fut séparée de son corps, et forcée de se retirer dans la Galicie autrichienne. Il continua sa retraite sur Glogau.

Sous prétexte d’avancer l’œuvre de la paix , mais plutôt pour gagner du temps, le cabinet prussien imagina un projet de trêve d’après lequel les armées françaises se retireraient derrière l’Elbe, et les armées russes derrière la Vistule. On demanda à Napoléon s’il consentirait à remettre la garde des forteresses de roder, de Pilau et de Dantzig aux troupes prussiennes. La conduite de la Prusse n’inspirait pas assez de confiance pour qu’on se mît ainsi à sa discrétion. En vain elle protestait de sa persévérance dans l’alliance, et de son dessein de fournir le contingent de trente mille hommes lorsque ses armemens seraient achevés; tout annonçait qu’ils avaient un autre but que celui de venir au secours de la France, ou d’une médiation. D’ailleurs, en supposant que le roi fût “de bonne foi, il n’était plus maître chez lui. La nation était exaspérée, et les Russes entraînaient le monarque et les sujets par l’appât de leur indépendance.

I^a guerre continuait toujours entre les journaux de Paris et ceux de Londres : Metternich s’en plai-^ gnit vivement à l’ambassadeur de France, comme d’un obstacle possible aux négociations. Le langage des journaux anglais, disait-il, ne pouvait justifier celui des journaux français. Il répétait cet éternel empire. VI. i5

uaG EMPIRE. — AN l8l3.

argatnent tiré de ce qu’en Angleterre la presse était libre, tandis qu’en France elle ne l’était pas.

C’était une vieille querelle qui datait du commencement de la guerre. On ne voit pas pourquoi lïapoléon aurait renoncé à l’usage d’une arme que ses ennemis employaient contre luL Cependant une circonstance se présentait de faire du scandale, il n’en usa pas- On saisit à Hambourg un agent, porteur de lettres du prince d*Orange à sa mèref il lui écrivait de I-ondres des détails très peu bonorables sur toute la famille royale d’Angleterre, la cour et le gouvernement. Pour se venger de toutes les injures vomies contre lui. Napoléon était disposé à faire publier ces lettres dans le Monitiur. La mère du prince, qu’il avait cormue en 1806 à Berlin, lui écrivit pour le conjurer de ne pas les rendre publiques* à cause du tort que cela ferait à son fils et à sa famille. Les lettres ne furent pas publiées , et durent même être rendues,

A Vienne, on paraissait très satisfait des rapports que Bubnay envoyait de Paris: on croit rêver en lisant ceux que l’ambassadeur de France faisait des conversations de Metternich. L’alliance de la France avec la Russie, disait-il, était monstrueuse elle navait qu’un seul point d’appui très précaire, celui de l’exclusion du commerce anglais. C’était une alliance de guerre commandée par le vainqueur, elle devait se dissoudre. Celle de F Autriche au contraire se fondait sur les rapports et les intérêts les plus naturels) les plus perfnanens, les plus essentiellement salu-

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