‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 98 sur 300 · CHAPITRE I.XXXA'II. l'I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I.XXXA'II. l'I

taires; elle devait être éternelle comme les besoins qui l’avaient fait naître. C’était l’Autriche qui l’avait recherchée, elle avait bien réfléchi avant de la conclure. Si «116 avait à la refaire , elle ne voudrait pas la minuter aotremeirt. Elle la voulait tout entière, elle mènerait à ta paix, et servirait ensuite à la consolider. Schwarzenberg était arrivé à Vienne : on se proposait de l’envoyer à Paris, dans le double objet de faire connaître k Napoléon la position actuelle des choses, et de donner à l’Europe une preuve éclatante des diepositions de l’Autriche, en faisant paraître à la cour de France le commandant du corps auxiliaire se rendant près de son chef pour prendre ses ordres. Metternich mettait le plus grand prix à saisir toutes les nuances propres à convaincre les cours de Londres et de Pétersbourg de l’accord intime qui subsistait entre la France et l’Autriche.

Cette puissance , prenant des mesures pour recruter son armée, expliqua par une déclaration que son système d’alliance était inébranlable, et qu’elle n’armait que pour arriver k une pacification générale. La France pouvait s’alarmer d’une médiation armée ; Metternich en éloignait l’idée : c’était Vintenention d’un allié. Il épuisait tOUtës les ressources de son esprit pour énumérer les avantages que l’alliance of&ait à l’Autriche, et les craiutes que hii inspirait la puissance toujours cruissiaute de la fittssie. L’équilibre de l’Europe qui , pour lui , n’était pas une chimère, devait se fonder d’un côté sur la

France, l’Autriche, la Porte-Ottomane, de l’autre sur la Russie et l’Angleterre. '

Un incident inattendu vint exciter une grande rumeur à Vienne. Weissenberg, envoyé par l’Autriche à Londres, fut arrêté à son passage à Hambourg. On fit semblant de le prendre pour lord Walpole , on ne le relâcha qu’après avoir examiné ses papiers. Il était porteur d’un passeport visé par l’ambassadeur de France. L’Empereur d’Autriche en fut vivement blessé : il ne douta pas que Napoléon n’eût voulu, savoir si l’intervention était sincère, et ne cachait pas une intelligence avec l’Angleterre et la Russie. H se plaignit à l’ambassadeur de France, et demanda que l’autorité française à Hambourg fût punie.

A peine le projet de trêve proposé par la Prusse était parvenu à Paris, que le roi consomma, à Kalisch, par un traité, du 28 février, conclu avec la Russie, ce que, deux mois auparavant, le général d’Yorck avait commencé. La destruction totale des forces ennemies qui avaient pénétré dans le cœur de la Russie, avait préparé la grande époque de l’indépendance de tous les états qui voudraient la saisir pour s’affranchir du joug que la France avait fait peser sur eux depuis tant d’années. Dans ces circonstances solennélles et décisives, un mouvement spontané avait rapproché l’empereur et le roi. Tous deux également guidés par le généreux motif

* Lettres d’Otto des i5et 17 février.

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