CHAPITRE I.XXXVII
de la délivrance de l’Europe, commençaient par resserrer les liens de leur ancienne alliance, par rétablir dans le sens le plus étendu leur première intimité. L’alliance était défensive et offensive; son but immédiat était de reconstruire la Pnisse dans la proportion qui tlevait assurer la tranquillité des deux états, et en établir la garantie. C’était d’après un article secret son état avant 1 806. Les premières opérations seraient dirigées de manière à chasser du nord de l’Allemagne les forces de la France. La Russie s’engageait à mettre en campagne cent cinquante mille hommes ; la Prusse quatre-vingt , et à augmenter ce nombre par tous les moyens , y compris une milice nationale. Les deux parties s’engagèrent à ne point faire de paix séparée ; à mettre tous leurs soins pour porter la cour de Vienne à s’unir le plus tôt possible à leur cause. L’empereur de Russie promettait d’appuyer les démarches que le roi allait faire en Angleterre pour s’allier avec cette puissance , et en obtenir armes , munitions et subsides. Toutes ces dispositions devaient être tenues secrètes pendant deux mois, mais elles pouvaient être communiquées à l’Autriche, à l’Angleterre et à la Suède.
Le général d’Yorck fut déclaré innocent, et confirmé dans son commandement. Pour lui donner en outre une preuve de satisfaction et de confiance illimitée, on lui conféra le commandement en chef du corps du général Bulow.
Le a mars, deux jours après le traité, Knisemark
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remettait encore une note pressante , relative à des griefe de la Prusse, dictée, y disait-il, par le constant désir du roi de continuer à remplir ses engagemens envers son auguste allié , à lia justice et à l’amitié duquel il en appelait. Des instractions en réponse furent envoyées, le 6, à Saint-Marsan. En les recevant, le 17, il demanda un rendea-v»us au baron .de Hardenberg, pour lui faire connaître les bonnes dispositions de Napoléon. Pour toute réponse, le ministre prussien lui mivoyaune note, du 16, qui était une déclaration de guerre. Elle fut également remise, par K.rusemark , au ministre Maret.
 une puissance si maltraitée par la guerre, les griefs ne manquaient pas , il n’était pas difficile de trouver des récriminations. Il serait oiseux <te les rappeler, ainsi que tes réfutations du gouvernement français. Elle avoua alors, ce dont on n’aurait jamais dû douter, que dans tous ses traités, dans toutes ses relations amicales, pacifiques, avec Napoléon, depuis la campagne de 1806, elle n’avait agi que comme forcée et contrainte par une nécessité irapé rieuse. La Prusse avait le droit de rompre l’alliance, si elle la croyait contraire à ses intérêts;, mais la rompre au moment où l’on jurait d’y être fidèle, où ua envoyé prussien était à Paris , ^ où l’ambassadeur de France était traité amicalement à Breslau, c’était, ma^ré tout ce qu’on a pu dire de la bonne foi du roi , un acte fort peu loyal.
Napoléon était préparé A cet évènement et avait agi en conséquence. Eo moins de trois mois , plus
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de six cents pièces de ciution et deux mille caissons attelés furent expédiés vers l’Elbe. Le nombre des réginseus de ligne fut porté à cent cinquante. Les dépôts des régimens qui se trouvaient en Espagne lurent complétés et érigés en régimens provisoires. Les cadrer de cent bataillons , le 7' régiment des chevau-légers polonais , une légion de gendarmeiie , et quatre régimens de la garde , furent tirés de l’armée d’Espagne. Les régimensde la jèune garde furent portés à seize. Le personnel de l’artilierie fut réoiganisé au moyen des compagnies de canonniers qui avaient été attachées à chaque ocdiorte des bans. Soixantedix de ces compagnies lurent envoyées en Allemagne, ainsi que six régimensde canonniers de marine. Quant à la cavalerie, les escadrons démontés en Russie lurent remontés en Hanovre. On leva une partie des postillons , des fils des maîtres de postes ^ et des gardes forestiers à cheval. Deux miûe offi- <âers et sous -officiers de gendarmerie aidèrent à lortner les cadres des nouveaux régimens. Par sa prodigieuse activité^ Napoléon s’éleva à la hauteur des circonstances. U fut énergiquement secondé par la France.
La guerre n’avait plus pour but de réduire la puissance de l’Empire ; les proclamations d’Alexandre aux Allemands annonçaient hautement s<mi invasion et son déchirement.
Obséquieuse envers les peuples , la coalition leur prodiguait les plus brillantes promesses et tous les genres de séductions. Envers les princes , elle pre-
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naît un autre ton. Par une convention conclue à Breslau entre la Prusse et la Russie, le 19 mars, il fut stipulé que, par une proclamation annonçant que les deux puissances n'avaient d’autre but que de soustraire l’Allemagne à la domination et à l’influence de la France , tous les princes allemands seraient appelés à concourir, dans un délai 6xé, à l’affranchissement de leur patrie , sous peine d’être privés de leurs états ; qu’un conseil central serait créé pour administrer, au profit des alliés , les provinces conquises; qu’il serait organisé une armée de ligne, une milice et une levée en masse dans les états de la confédération du Rhin. Six jours après , Kutusof annonça, par une proclamation, que cette confédération était dissoute. Le conseil administratif fut composé de quatre membres , le comte de Kotschubey et le baron de Stein, pour la Russie; les conseillers de Schoen et de Redeger, pour la Prusse. Ses attributions consistaient dans l’adminis-
tration générale de la police et des finances, et dans tout ce qui avait rapport aux armemens, aux réquisitions et aux arrangemens avec les princes d’Allemagne. Une convention fut signée le 7 avril pour régler tout ce qui concernait la marche et l’approvisionnement des armées russes sur le territoire prussien.
Ou assure qu’à la fin de mars l’Autriche adhéra à la convention du 19. Iæ duc de Meklenbourg s’y soumit le premier. .Abandonné à lui-méme. Une pouvait pas faire autrement. Après l’évacuation de Ham-