CHAPITRE VI
Les accords du 16 mai 1934
Le 12 avril 1934, le Président Laval réunit au Ministère les délégués métropolitains et coloniaux.
= Cette réunion s’annonçait décisive ; la présence du Président Laval indiquait clairement que le Gouvernement désirait aboutir à une solution dans cette irritante question des sucres pendante depuis trois ans.
Les métropolitains, de leur côté, étaient pressés d’en finir : ils menaçaient de dénoncer l'accord de 1931 tirant argument de l'augmentation continuelle de l'importation coloniale. Celle-ci était passée de 100.877 tonnes en 1930, à 110.379 en 1931, 130.422 en 1932 et 147.757 en 1933.
Aucune réunion officielle n'ayant été tenue depuis l'échec du Protocole du 27 novembre 1933, les points de vue n'avaient pas évolué depuis cette époque. Le Président Laval résuma la situation dans cette alternative : ou bien accepter le Protocole de 1933, ou bien se résigner au vote de la Proposition de Loi Chevrier.
Enfin, après de longues discussions, un terrain d'entente fut trouvé. Les représentants réunionnais parvinrent à arracher une compensation pour le préjudice résultant du choix de l’année déficitaire 1982 comme année de base. Cette compensation consistait dans l'attribution immédiate à la Réunion des 2.000 tonnes qui ne devaient Jui être acquises qu'à la fermeture du marché de Madagascar, et
dans la fixation, dès maintenant, à leur maximum (8.000 tonnes) des Contingents Spéciaux prévus au Protocole du 27 novembre 1933.
IT était aussi entendu que la répartition de la partie de ces 8.000 tonnes, qui ne serait pas utilisée par leurs bénéficiaires, se ferait. à raison de 50 % à la Réunion et 50 % à la Guadeloupe, à la Martinique et à Nossi-Bé au prorata de la moyenne des importations de 1932 et 1933.
Le 16 mai 1934, l'accord définitif fut signé entre Métropolitains et coloniaux. |
Entre temps, la représentation de la Réunion avait reçu l'adhésion unanime des planteurs et des usiniers de Île. Elle avait pu obtenir aussi un avantage supplémentaire : la fixation du point de départ des accords du 1° octobre 1934, au lieu du 1° septembre 1934.
La campagne sucrière commence, en effet, à la Réunion, vers le milieu de juillet : en faisant partir les accords du 1® octobre 1934, tous les sucres : de la campagne 1934 importés avant cette date n’affectaient pas le contingent de 1934. Une certaine marge d'une campagne sur l’autre élait ainsi réservée, qui allait être utilisée lors de la campagne de 1935. :
… Les stipulations de l'engagement de 1934 avaient trait, tout d’abord, à
La Fixation du Contingent Colonial et la Répartition entre les diverses Colonies (Art. » de l'engagement)
1. — Chaque année, il doit être fait, en-mars, une estimation des besoins de la Consommation Métropolitaine et Algérienne. On déduira du chiffre 10.000 tonnes pour les Contingents Spéciaux et la différence sera répartie à raison de 87 % aux Métropolitains, PRES Colonies,