‹ Le Contingent des Sucres RéunionnaisChapitre 33 sur 52 · RATE · texte numérisé non relu

RATE

« Les usiniers acceptent de recevoir, au cours de la Campagne 1939, toutes les cannes de leurs planteurs habituels ». | L’énonciation de cette acceptation, le caractère restrictif de ses termes, révèlent clairement le renversement survenu dans les positions respectivement occupées jusqu'alors par les usiniers et les planteurs.

Jusqu'en 1935, en effet, les récoltes de cannes de la colonie avaient été nettement inférieures aux possibilités du pays et à la capacité de production de ses usines. Ces dernières, qui avaient fait de réels efforts pour se moderniser, en arrivaient même souvent à manquer de cannes. Cette situation se traduisait par une intense rivalité entre les usines ; une véritable chasse était livrée par elles à la matière première : la canne. Des balances s’ouvraient partout. Les planteurs n'avaient alors que l’embarras du choix pour la manipulation de leurs cannes. Certains d’entre eux, les plus prévoyants, profitèrent de ces circonstances pour s'assurer, par contrat, l’écrasement de la totalité de leur récolte.

Mais, en 1935, la situation était changée : les exporlalions de sucre se trouvaient limitées en mêmé temps que la récolte de cannes doublait presque par rapport à la moyenne des années précédentes.

On conçoit aisément, dans ces conditions, la restriction mise par les usiniers à leur acceptation de la matière première : seuls les planteurs habituels seront assurés de voir la totalité de leurs cannes écrasée.

L'imprécision de cette qualité de « planteurs habituels » a d’ailleurs donné lieu à maintes difficultés par suite de l’enchevêtrement des zones d'influence des usines. En outre, il était à prévoir qu'en cas de plusieurs récoltes excé-

Page 1