‹ Le Contingent des Sucres RéunionnaisChapitre 42 sur 52 · acte · texte numérisé non relu

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tage à fixer qui est l'essentiel des accords entre métropolitains et coloniaux ».

Au surplus, le décret du 3 octobre 1937 était en conl'adiction flagrante avec les assurances formelles données à Mr Brunet par le Ministre des Colonies au sujet de la fixation par décret du Contingentement.

Dans une lettre du 13 août 1937 adressée à Mr Brunet, le Ministre des Colonies disait en effet

« Il va de soi, et je vous en donne dès maintenant l’assurance, que Je ne saurais approuver ni même envisager l'application de dispositions contractuelles qui n'auraient pas l’assentiment des Colonies intéressées. À mon point de vue d’ailleurs, il ne saurait même pas y avoir dispositions contractuelles lorsque le contrat n’englobe pas les producteurs de nos quatre colonies : Réunion, Antilles, Guyane. Si un accord professionnel ne peut se faire, c’est au Parlement qu'il apparliendra de décider si les sucres coloniaux doivent êlre Contingentés ».

A la vérité, le décret du 30 octobre 1937 pris sur l’ini- Hiative du Ministre des Colonies, avait un but précis

« I m'est pas douteux, écrit Mr Brunet dans une lettre à la Délégation de la Réunion, que ce décret lie, au moins provisoirement, les métropolilains en ce qu'il réalise la con dilion mise par eux à l’exéculion de leurs propres engagements professionnels, à savoir l'adhésion des Colonies à la prorogälion du régime du Contingentement. (C'est cette adhésion que le Ministre à apportée par son décret au nom des colonies producetrices, pour une période prenant fin le 1° décembre 1937 ».

Enfin les chiffres dérisoires des contingents alloués aux diverses colonies ne sont-ils pas la preuve que le décret du 3 octobre 1937 n'était, en quelque sorte, qu'une mesure

conservaioire destinée à sauvegarder les intérêts de la production coloniale ?

Entre temps, à la demande du Ministère de l’Economie nationale, la Réunion acceplait de céder à la Métropole une quantité importante de ses stocks. Le marché de Paris se trouvait alors dépourvu de sucre, les raffineries étaient menacées d’arrêter leur activité ou d'importer des sucres étrangers. La Réunion n’abusa pas de cette situation. Elle fournit plus de 8.000 tonnes de sucre à des prix inférieurs à ceux pratiqués à la Bourse. Il était par là démontré que « pour la Réunion le problème n’est pas une question de prix mais celui d'une production suffisante pour fournir du travail à ses 00.000 habitants » (1).

Cependant, la délégation de la Réunion avait poursuivi ses négociations. Elle acquit ainsi la conviction que l'attitude des producteurs de sucre de la Métropole et des autres colonies ne lui permettait pas d'espérer la réalisation d'un accord sur le terrain. professionnel.

Le 28 octobre 1937, elle transmit son dossier au Ministre des colonies par l'intermédiaire de la Représentation Parlementaire de la Réunion. Les représentants réunionnais furent également priés d’agir directement auprès des Pouvoirs Publics, dans le but d'obtenir pour leur colonie un contingent qui leur assurât son « droit à la vie ».

Le Ministre proposa alors un arbitrage. Cette solution fut repoussée par délégués et parlementaires réunionnais. La délégation réunionnaise estimait, en effet, « qu'elle n'avait le droit de se soumettre qu'à une décision du Gouvernement qui, seul responsable des conséquences de cette

(1) Comple rendu de l'exercice 1936-1938 à l'Assemblée Générale des actionnaires de Ja Banque de la Réunion, par Mr. H. Poulet, DR

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