‹ Le Contingent des Sucres RéunionnaisChapitre 5 sur 52 · È ANNÉES | TONNES · texte numérisé non relu

È ANNÉES | TONNES

La culture s’est encore améliorée. Une station agronomique à été créée à l'exemple de certaines colonies sucrières

(x) Chiffres de Gustav Mikush et de F. ©. Licht Memoranda de S. D. N. 1929, cités par Pennock.

(2) Chiffres donnés par Mr. Jacob de Cordemoy, op. cilé, p. 167.

(8) Journal La Victoire Sociale, N°% 10 et 11, mai 1098.

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étrangères. Elle guide le planteur dans le choix des variétés de cannes convenant le mieux à ses terres et dans sa lutte contre les maladies de la Canne. Les usines se sont complètement modernisées ces dernières années. Leur nombre, de 116 en 1860, encore d’une cinquantaine au début du siècle, est tombé à 14, puissantes et bien outillées. Elles possèdent toutes une distillerie pour la fabrication du rhum. Les usiniers ont grandi en même temps que diminuait le nombre des usines. Les planteurs ont perdu leur indépendance de jadis. Les longues théories de charrettes de cannes attendant patiemment leur tour de passer sur la balance sont, en fait, le symbole de ce déplacement de puissance.

Planteurs et usiniers, qui constituent aujourd'hui deux groupements distincts dont les intérêts tendent souvent à s’opposer, ont en commun la « mystique de la canne ». Les usiniers lui doivent, en effet, le « prestige industriel » de la sucrerie et « les planteurs ont le sentiment obscur qu'elle les classe dans une sorte d’aristocratie. C’est faire déroger leurs terres que d’y mettre une autre plante. Sans doute faut-il voir dans ce sentiment la persistance d’un ancien aspect de cette industrie remontant à l’époque où la culture de la Canne, liée à la possession d’une pete sucrerie et d’un grand domaine, constituait effectivement le patrimoine d’une aristocratie locale puissamment instal- Jée » (ie

La mévente de la vanille, en augmentant les superficies plantées en cannes, a poussé l'Île plus avant encore dans la voie dangereuse de la monoculture. Toute l'Économie

(1) A. Kopp: « La Réunion au seuil de la Crise et sa préparation à la politique d'Empire », dans Les Cahiers d'une Vieille Colonic Réunion 1935.

réunionnaise repose aujourd'hui sur la Canne et son produit principal : le sucre. La culture de la canne seule assure la subsistance de plus de 20.000 familles, l’industrie de transformation emploie des milliers d'ouvriers, le budget local perçoit des taxes sur les exportations de sucre ; enfin, le produit de la vente des sucres alimente tout le commerce de la colonie. Le sucre, devenu l’unique source de richesse, conditionne la vie même de l’île.

Parodiant un dicton connu, on peut donc dire : « Quand le sucre va, tout va... à la Réunion... »

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