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CHAPITRE III

La loi de 1884 par l'impulsion qu’elle donna au mouvement syndical vint apporter au contrat collectif un puissant appoint: désormais l'association professionnelle pourra en toute sécurité traiter des conditions du travail.

Mais un double obstacle de fait, non plus de droit, vient ralentir le développement de notre contrat :

D'une part la persistance des anciens errements dans l'esprit de beaucoup de patrons et d'ouvriers : pour beaucoup le syndicat est la machine de grève, hier encore prohibée, traquée, poursuivie ; aujourd’hui reconnue, légalisée, triomphante : pour beaucoup elle conserve le même caractère: Plus d’un patron continue à y voir l'ennemi dont il se refuse à connaître l’existence, au lieu d’y voir une collectivité professionnelle avec laquelle on peut traiter. Plus d’un ouvrier persiste à chercher dans le syndicat le fauteur de coalitions et de grèves et ne sait pas y voir le défenseur pacifique des intéréts du travail.

D'autre part beaucoup de syndicats en France désertent le terrain professionnel pour occuper le terrain politique : ce n’était bien évidemment pas avec de pareils syndicats que les patrons pouvaient être tentés de traiter.

Pour ces deux raisons capitales, contrairement à ce

qu'on aurait pu attendre, le contrat collectif n’a eu depuis 1884 en France qu'un développement fort irrégulier et très accidenté.

Aussi l'étude en est-elle particulièrement difficile : le contrat collectif le plus souvent apparaît ici ou là, dans un temps très bref : ce sont de timides essais qui se ressentent bien évidemment de l’état d'esprit des parties. Nous serons donc obligés, après avoir brièvement signalé les métiers où notre contrat se rencontre le plus fréquemment, de borner notre examen à deux exemples particulièrement fypiques.

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