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doit à tout prix, bien entendu, rejeter, résulte pourtant une organisation, de la pensée de laquelle 1l peut être fort opportun de s'inspirer. Si l’on fait abstraction de cette catégorie particulière d'enfants, le régime du contrat facultatif avait abouti en fait à toute absence de protection du petit apprenti. La situation était cependant tolérable à la rigueur, avec le régime de la petite industrie. Mais quand la force collective de la machine, se substituant à l’action individuelle de l'outil, eut pour ainsi dire transformé la main de l’ouvrier en un rouage vivant, et quand elle eut réduit son rôle à celui d’un automate provoquant un mouvement dont il n’est pas le maître, alors il suffit à l’industriel d’obéir à la parole cruelle de Wicziam Pire : « Prenez les enfants si les taxes sont trop lourdes ». Les Anglais avaient pris les enfants et dès le début de la révolution économique du x1x° siècle, les Français et les Américains et tous les peuples industriels les prirent aussi.
C'était faucher le travail dans sa fleur, compromettre l’avenir de la race et de l’industrie. ViLLERME, en 1840, dressa un poignant tableau de l’état physique et moral des ouvriers et, par l'émotion qu’il souleva, obligea le ministre du Commerce français à déposer un projet de loi qui devait devenir la loi du 22 mars 1841 sur le travail des enfants dans les manufactures'. À l’appel de Roserr PEez : « Sauvons les enfants! » l'Angleterre avait déjà répondu. La Prusse et l’Autriche nous avaient devancés en 1839, la Bavière et le duché de Bade en 1840.
1. Compte rendu des séances de l'Académie des Sciences morales et politiques (1845, t. VIN).