LEIDEN/ SC
Introduction
I. — C'est devenu un lieu commun de dire que l'esprit d'épargne est très vif et très développé en France. Cela, quel que soit le milieu social envisagé ; qu'il s’agisse de la grande industrie et du grand commerce, ou du modeste propriétaire rural, de l'artisan, de l’ouvrier, et du serviteur à gages. Chacun économise pour déjouer les mauvais hasards de la vie.
Or, à notre époque, et abstraction faite des vieilles institutions de prévoyance et dé secours mutuels, cette épargne est sollicitée de toutes parts. C'est à qui s’ingéniera pour lui offrir les combinaisons les plus séduisantes, les participations les plus avantageuses. A la fin du siècle dernier, elle se rejetait sur les valeurs à lots. Elle était recueillie par les maisons financières pratiquant ce qu'on appelle la « vente à tempérament ». On sait que ces opérations furent de la part de certaines agences l’objet d'une industrie sans scrupules, consistant à exploiter la séduction exercée sur les épargnants, la plupart du temps des ouvriers de la terre ou de l'usine, par les valeurs à lots. Les engagements qu’elles faisaient souscrire étaient rédigés de telle façon que les acheteurs payaient le titre acheté le double de ce qu'il pouvait valoir en Bourse. A cette usure déià condamnable s'ajoutait un risque réel : l'acheteur n'étant pas toujours assuré, même après libération complète de ses versements, d’être mis en posses-