L'INTERVENTION SE JUSTIFIE-T-ELLE
147) Il est sans doute téméraire et inopportun de traiter un tel sujet à une époque où les excès de lintervention du législateur ont été condamnés sévèrement, et justement d’ailleurs, du haut de tant de chaires autorisées, par tant de juristes, d’hommes d’affaires ou, tout simplement, de « têtes bien faites ».
Nous ne nous dissimulons pas le danger ; mais cette étude n’est pas « d’actualité ». Fondée sur l’histoire du contrat, c’est-à-dire sur celle de ses origines, de son développement, dans un sens de plus en plus humain, elle tend uniquement à la recherche du point de savoir si l’intervention du juge ou du législateur dans l'exécution des contrats est dans la ligne de ce développement, si elle est sinon souhaitable du moins évitable juridiquement possible et enfin comment et dans quelles limites elle peut être réalisée.
Faisons donc effort pour étudier ces points sans perdre de vue l’évolution qui, au long des âges, s’est produite dans la conception du lien contractuel et tâ-
chons de nous abstraire du temps exceptionnel qu'est le nôtre et qui passera, comme toutes choses ici-bas, pour n’en retenir que la leçon qu’il nous donne.