MONS
Les sujets de droits qu’elle cite ne sont pas des « débiteurs » au sens que nous attachons à ce terme.
Les délinquants, les judicati même, sont soumis à la vengeance privée de leur victime, à sa puissance.
Pour éviter ce que l’exercice de cette vengeance (talion, esclavage, mise à mort, vente à l’étranger) aurait de trop barbare, la loi permet le versement d’une « poena ». Mais cette poena n’est que la rançon, que le rachat de ces vengeance et puissance.
Le nexus, cet emprunteur à intérêt qui, s’il ne rembourse pas à l’échéance, sera enchaîné, ne paraît pas davantage et comme on l’a pensé longtemps, avoir été le premier contractant solennel.
Si le prêteur non réglé le pouvait enchaîner, c’est qu’en recevant de lui le montant du prêt, le nexus s'était déjà mis éventuellement sous sa puissance.
Mais avec la loi Pætelia Papiria, qui, à la suite d’une rebellion de la plèbe, interdit d’enchaîner les nexi, une brèche importante est faite, dans la procédure grossière et barbare née de la vengeance privée et de la mise en puissance.
C’est, en réalité, du point de vue que nous envisageons, une véritable révolution qu’entraîne cette loi Poetilia Papiria, première et bienfaisante intervention du législateur d’alors.
En effet, si le nexum ne repose plus sur l’idée de mancipatio préalable, le remboursement qu’il comporte ne peut dériver que d’une idée d’obligation, mais d’une obligation liée à 14 solennité de la pesée du métal « per aes et libram ».
Les emprunteurs ne répondent plus sur leur corps, mais sur leurs biens seulement, de l’argent prêté.
Il convient de signaler l’existence dans l’ancien droit, d'engagements religieux fondés sur la fides : le serment, peut être déjà la paumée, et le vœu, qui est une promesse directe à la divinité.