INTRODUCTION
La population urbaine, en France, ne s’est développée qu’au détriment de la population rurale : un véritable exode des campagnes s’est produit depuis le début du XX" siècle. Les hauts salaires, le travail moins pénible, la vie plus confortable et plus agréable sont autant d’attraits qui incitent les nombreux enfants des familles paysannes à déserter les campagnes.
Mais, alors que certains des enfants d’une même famille vont abandonner le travail de la terre, qui leur apparaît presque comme déshonorant, pour devenir la plupart du temps ouvriers d’usines ou fonctionnaires, les autres, fidèles au dur labeur des champs, resteront aider le père de famille : ceux-là disposeront de gros salaires à la ville, tandis que leurs frères et sœurs ne feront par leur travail qu’accroître la fortune du chef d'exploitation, de leur père, sans recevoir la moindre rémunération. Un usage très ancien veut en effet que les jeunes paysans, collaborant avec leurs parents à la marche d’une exploitation agricole, ne perçoivent aucun salaire, outre les avantages en nature dont ils peuvent bénéficier et « la loi n’a pas voulu permettre à l’enfant
de forcer le père à salarier l’aide reçue de son fils (1).
(x) PLANIOI, et RipErT. T. I,, avec le concours de René SAVATIER, 11° 353, page AIO.