LE CONTRE-AMIRAT BYNG
‘ Messieurs,
“Je me seus tout particulièrement heureux en ce moment de savoir que ma conduite va être jugée par des gentilshommes qui ont une répr*:tion proverbiale d’habileté, d'intégrité et d’impartialité. Quant à moi, j'ai la conviction de pouvoir révondre honorablement
pour moi-même, et je me fais fort de prouver que je suis innocent de toutes les accusations que l’on porte contre moi.”
Le pauvre amiral allait bientôt apprendre dans quel guêpier il était tombé. La cour se mit à procéder,
Ce jour-là, il y eut peu de besogne, meis mercredi je 29, je contre-amiral West fut assermenté et interrogé. Cet examen se continua jusqu'à jeudi le 80, entre trois et quatre heures de l'après-midi.
Voici ce témoignage :
La Cour.—Y a:t-il eu des retards qui pouvaient être évités, soit à Sainte-Hélène soit à Gibraltar ?
L'amiral West.— Non, aucun.
La Cour.—Pouvez-vous nous donner une idée de la distance qui existait entre le Ramillies et le Buckingham, au moment où l'on commença à livrer bataille aux Français ?
L'amiral West.—Il devait y avoir à peu près trois milles,
La Cour.—Croyez-vous que l'amiral et l'arrière-garde eussent pu se porter au secours de l'avant-garde et en venir bord à bord aux mains avec l'ennemi ?
L'amiral West.—Je ne crois pas qu'il y eut empéchement à cette manœuvre, mai ne saurais prendre sur moi d'affirmer qu'il y en ait eu, ou qu'il n'y en ait pas eu.
La Cour.—Comment étaient le temps et le vent ?
L'amiral West.—Le vent était très calme et le temps très beau.
La Cour.—Pouviez-vous garder vos sabords ouverts ?
L'amiral West.—Oui, je le pouvais. Il n’y avait parmi nous qu'un seul navire qui ne pouvait pas le faire C'était le Deptford, qui de temps à autre fermait ses sabords.
La Cour.—Combien de morts et de blessés avez-vous eus ?
L'amiral West.—Trois morts et sept blessés.
La Cour. -- Quelles sont les avaries que vous avez reçues dans vos œuvres vives, dans vos mâts, vos vergues et votre gréement ?
L'amiral West.—Pour ces détails, je demande la permission de remettre à la Cour ce document écrit. (11 le présente.)
La Cour.—Dans quel état étaient le navire et son équipage le matin du 20 m de la bataille ?
L'amiral West.—En d'excellentes conditions.
ai. jour
La Cour.— Avez-vous vu le feu des batteries du vaisseau de l'amiral Byng
pendant le combat ?
L'amiral West.—JTe regardais dans la direction de l'Intrepid, qui était en détresse sous lu y" du navire amiral. Je vis alors de la fumée, qui sans doute devait provenir du navire «miral ou d’un des navires de sa division. Mais je n'ai pas pu découvrir sur quel vaisseau ce feu était dirigé.
La Cour.—Le 24 mai, le jour où s'est tenu le conseil de guerre, aviez-Vous pu réparer votre vaisseau et le mettre en bon état pour lui permettre de prendre part à un second combat ?
L'amiral West.—Oui, j'avais même pris cette précaution avant cela.
L'amiral Byng.—Etant donné la position des deux flottes, l'ennemi pouvait-il se refuser à un combat bord à bord ?
L'amiral West.—Oui; mais comme il était en panne auprès de notre flotte, je demeurai sous l'impression qu'il voulait se battre,
L'amiral Byng.—Etes-vous d'avis que les forces que nous avions à bord de notre flotte pouvaient dégager Minorque ?
L'amiral West.-—Je ne le crois pas.
L'amiral Byng.—Est-ce que l'armement de certains vaisseaux n’était pas défectueux, surtout en ce qui se rattache aux équipages ?
L'amiral West.—Oui.
L'amiral Byng.—Est-ce qu'il n’y avait pas certains navires dans la flotte qui exigeaient un radoub immédiat ?
L'amiral West.—Oui.
L'amiral Byng.—Est-ce que la flotte n'était pas inférieure à celle de l'ennemi au point de vue des troupes ?
L'amiral West.—Oui.
L'examen du contre-amiral West se terminait ici. Son témoignage avait été calme, clair, donné sur un ton qui impressionna la cour.
On fit entrer le général anglais qui commandait à Minorque les troupes de terre. C'était lord Blakeney. Après avoir prêté le serment voulu, il constata devant la cour l'heure où la présence de la flotte anglaise avait été signalée par la garnison de l'ile, et celle où elle avait cessé d'être en vue. Les questions les plus importantes posées à cette officier général furent celles: ci :
La Cour.—Quelles sont les dispositions que vous avez prises lorsque la flotte anglaise a été signalée ?
Lord Blakeney.—Dès que j'en eus connaissance, j'écrivis une lettre où je décrivais ma situation à l'amiral. Cette missive devait être portée par mon quartier-maitre, M. Boyd, aide-de-camp du colonel Jefferys. J'ai en ce moment à la main, une copie exacte de cette lettre.
Lord Blakeney présente alors ce document à la cour et en demande lecture. L'amiral s’y oppose, vu que ce n'est qu'une copie, et exige l'original. La lecture de ce document n'a paslieu ; la raison donnée étant que M. Boyd serait interrogé à ce propos et qu'il produirait la pièce même.
L'amiral Byng à lord Blakeney.—Pensez-vous que j'aurais pu mettre à terre mes compagnies de débarquement ?
Lord Blakeney.—Oui ; très aisément.
Ici, il y a un grand mouvement dans la cour.
L'amiral Byng.—N'auraient-elles pas rencontré en route des fascines et des chevaux de frise ?
Lord Blakeney.—Oui; mais ces obsta:les étaient de nature à être aisément enlevés.
La Cour.—$i l'amiral avait ordonné le débarquement, est-ce qu'il y aurait eu quelque danger pour ses hommes ?
Lord Blakeney.—Du danger! mais certainement. On ne pouvait mettre pied à terre,
ser en ce moment-là, d'une façon aussi commode qu'on le fait quand on est reçu à la coupée d'un vaisseau. J'ai été plus de cinquante ans en service actif, et jamais je n'ai encore vu rai un débarquement, ou une expédition, en temps de guerre, n'être pas accompagné de certains dangers. Je dois ajouter que de toutes les opérations de ce genre que j'ai vues, celle-ci
stté était certainement la plus difficile.
L'amiral Byng.—Les troupes françaises n'avaient.elles pas sur la pointe un château qui auraient pu empêcher le débarquement des troupes ?
ux, Lord Blakeney.—Non, pas à la date du 20 mai. Ce jour-là, l'ennemi manquait tellement de munitions, qu'il tira des pierres sur la garnison. (Mouvement). L'amiral Byng.—Pensez-vous que les ofhciers et les quelques hommes qui étaient à ent bord de mon escadre enssent pu être de quelque utilité à la garnison ? Lord Blakeney.—Oui, assurément, ils m'auraient été d'un grand service, En ce moment-là, j'étais à tout instant obligé de détacher de nombreuses escouades de soldats int pour réparer les brêches.
Le témoignage du général Blakeney produit une grande sensation. Le lendemain, vendredi, 31 décembre, M. Boyd, aide-de-camp du colonel Jefferys, est assermenté, ne, La Cour.—Avez-vous été chargé par lord Blakeney de porter une dépêche ? Si tel est ve: le cas, quand l'avez-vous fait ?
UE M. Boyd.—Lord Blakeney me donna pour l'amiral une lettre que je devais lui Île remettre moi-même. Je partis en baleinière, mais je ne saurais préciser l'heure de ce for départ. Je restai au large tout le temps que je crus nécessaire, mais quand je vis qu'il me serait impossible de rejoindre l'amiral, vu qu'il courait dans la direction du sud, je m'en revins sans avoir remis ma lettre.
ise L'amiral Byng.—Combien de temps s'est-il passé pendant que vous attendiez à terre la baleinière qui devait vous mener à mon escadre ? ais M. Boyd.—Je ne saurais préciser maintenant; néanmoins, je me rappelie avoir rd, attendu cette embarcation jusqu'à ce que je fusse très en colère de son retard. tte La Cour.—Quand vous étiez à bord de cette baleinière, êtes-vous passé à travers le feu de l'ennemi ?
re. M. Boyd.—Oui, j'essuyai quelques conps de feu perdus de l'ennemi et on me tira ce quatre ou cinq boulets, et La Cour.—Vous ont-ils causé quelques avaries ? M. Boyd.—Non; je ne crois pas que la baleinière ait été touchée. es La Cour.—Combien de temps êtes-vous resté dans la baleinière ? ou M. Boyd.—A peu près une heure et demie.
La Cour.—Est-ce qu'alors il ne soufllait pas une brise de vent ? M. Boyd.—En approchant de terre, je retrouvai la brise. La Cour.—Croyez-vous que l'amiral ait pu voir votre baleinière ? 1x M. Boyd.—Non, pas à cette distance : il était très tard dans la soirée. | On fait alors entrer le capitaine Everitt.
* Cet officier, qui n'était pas présent lors de la lecture de l'acte d'accusation contre l'ami-
ral, demande qu'elle lui soit répétée, L'amiral Byng s'oppose à cette procédure, alléguant
80 FAUCHER DE SAINTMAURICE
qu'elle n'est pas dans les us et coutumes de la cour.
Le capitaine persiste néanmoins, et la cour se rend à son désir,
Le capitaine Everitt est assermenté alors, mais la cour s'aperçoit qu'il a à la main une liasse de documents,
La Cour. —Quels sont ces papiers que vous avez ?
Le capitaine Everitt—Ce sont des notes que j'ai prises du livre de loch de mon navire, et des extraits de mon journal. Ils vont servir à aider ma mémoire,
L'amiral Byng.—Le livre de loch ne saurait constitner une preuve, et je prétends que l’on ne doit pas s'en servir.
La Cour (après délibération).—Nous sommes d'opinion que ce aider la mémoire du capitaine, mais sur les choses seuleme par lui.
s notes peuvent servir à nt qui ont pu être observées
Et s'adressant au témoin.—Le voyage de Sainte-Hélène à Gibraltar et de Mahon a-t:il subi des délais qui n'étaient pas nécessaires ?
Capitaine Everitt.—Non ; tonte diligence possible a été faite.
La Cour.—Cominent était la santé des hommes du Buckingham ?
Capitaine Everitt.—Excellente ; nous n'avons eu que deux hommes alités.
La Cour.—Quelle quantité d'eau avez-vous embarquée sur le Buck
Le capitaine Everitt— De 90 à 100 tonnes, je crois.
La Cour.—Quand avez-vous pu signaler ou entrevoir l'ile Minorque ?
Le capitaine Everitt.—Nous sommes arrivés en vue de Minor matin, le 19 mai.
Gibraltar à
ingham ?
que vers six heures du
La Cour.—A quelle distance la plus rapprochée avez-vous été du fort Saint-Philippe ?
Le capitaine Everitt—Vers onze heures où midi du 12 mai, peu près à deux lieues du château Saint-Philippe. en soyons approchés davantage,
nous nous trouvions à Je ne crois pas que nous nous
La Cour.—Quand avez-vous apercu la flotte française pour la premi Le capitaine Everitt.—Le même jour. C'était le 19 mai. heures de l'après-midi
ère fois ?
Il était alors deux ou trois
Nous vimes l'escadre française distinctement ; elle se tenait à
l'ouest. A quelle distance, me demanderez-vous ? je ne saurais pr La Cour.—Quelle position la flotte anglaise occupait-elle e Le capitaine Everitt.—Elle était au sud-est :
temps était assez beau.
éciser, n ce moment ?
le vent soufliait du sud-sud-ouest, et le
La Cour.—A quel moment avez-vous eu la certitude que les Français se préparaient au branle-bas de combat ?
Le capitaine Everitt.—Le 20 mai. Il était alors entre huit et neuf heures du matin. La Cour.—A quelle distance était le Ramillies la bataille ?
Le capitaine Everitt.—Je crois qu'il s'en trouvait La Cour.—L'amiral et l'avant-garde
du Buckingham quand vous avez engagé
à quatre ou cinq milles.
pouvaient ils venir au secours de l'arrière-garde et en arriver à un combat corps à corps avec l'ennemi ?
Le capitaine Everitt.—Je suis d'avis que la division de l'amiral aurait pu faire force
de voiles et venir au secours de l’arrière-garde. Cela nous aurait empêchés de subir tout le
feu de l’arrière-garde des Français.
La Cour.—Combien avez-vous eu de
morts et de blessés, à bord du Buckingham ?
noins,
main
mon tends
rvir à rvées
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s du pe ?
ns à ious
rois
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le
LE CONTRE-AMIRAL BYNG Le capitaine Everitt,.—Trois morts et sept blessés,
La Cour.—Quand avez-vous pu ré de combattre de nouvenu ?
Le capitaine Everitt.— Vers le 23 mai,
parer les avaries du Buckingham et le me
ttre en état
La Cour à l'amiral Byng :
Désirez-vous poser quelques questions au capitaine Everitt 2 L'amiral Byng.—Non, je n'ai rien à
lui demander maintenant, mais j'aurai l’e: aminer plus tard, et J'espère
à qu'il sera présent alors.
Le capitaine Everitt à l'amiral Byng :
Je serais bien aise de me voir
interrogé maintenant, car je suis en ordre de marche, &
ous le commandement de l'amiral West.
L'amiral Byng.— Mais, monsieur, ferai dès que je serai en mesure.
en ce moment
je ne saurais vous interroger maintenant ;: je le . Le] .
L'amiral Byng fait alors part à la Cour de son désir d'interroger de nouveau lord Blakeney. de comparaitre le lendemain matin devant le
4 séance est levée.
Ordre est donné à Sa Seigneurie tribunal, entre neuf et dix heures, I
Le ler janvier 1757, la Cour reprend ses séances, Lord Blakeney est introduit et interrogé comme suit par l'amiral Byng :
L'amiral Byng à lord Blakene
y.— Croyez-vous que le débarquement de nos troupes aurait pu empêcher le châte
au Saint-Philippe de tomber aux mains de F Lord Blakeney.—Il m'est impossible de répondre à cette question avec certitude.
Néanmoins, je suis d'avis que si ce débarquement avait eu licu, j'aurais pu soutenir le
ennemi ?
siège jusqu’à l'arrivée du secours de sir Edward Hawk.
Cette réponse fait autant de
sensation que les premières général, le 28 décembre 1756.
réponses données par ce Lord Blakeney se retire et les quatre premie
rs lieutenants du navire de l'amiral West, le Buckingham, sont alors entendus.
Ils sont tous d'avis que rien n'empêchait l'amiral et sa division de courir à la défense de l'arrière-garde, engagée corps à corps et criblée par le feu de l'arrière-garde ennemie Ils assurent aussi que |
‘amiral n'a pas obéi à ses propres signaux en ne cherchant p
as Un Combat corps à corps avec les Français. Le 8 janvier, le capitaine Everitt est interrogé de nouveau, La Cour.— Combien l'arrière-o
arde avait-elle de canons ?
Le capitaine E
veritt.—Les côtés de mes vaisseaux, qui ét
aient près du Buckingham, portaient 14 canons dans leurs batterie
s basses, et tous les autres, 13 La Cour.—De quels rangs étaient ces vaisseaux ? Le capitaine Everitt, —L'un portait 74 canons : il y en avait six de 64 canons chacun. La Cour.—Croyez-vous que la victoire eût été possible si l'amiral Byng en fût venu
à une lutte corps à corps avec l'ennemi ?
Le capitaine Everitt,—#
n toute vérité, je suis d'avis que nous avions toutes les r du monde pour Je croire.
aisons On savait alors que 1
amiral West avait forcé deux navires
français à reculer, bien que ceux-ci fussent six contre cinq des nôtres et que leur artillerie fût supérieure à la nôtre,
La Cour.—Dans quelle condition était le vent ?
Le capitaine Everitt.—Il faisait très bon vent.
La Cour.—-Mais en aviez-vous trop ou trop peu pour vos manœuvres ?
Le capitaine Everitt.—Nous en avions assez ; ni trop ni trop peu.
La Cour.—Quelle voilure portait l'amiral Byng ?
Le capitaine Everitt.—$Ses basses voiles, toutes ses hunes et ses perroquets (op
gallant), La grande voile, son grand foc (maix top sail) et son grand perroquet étaient coiffés,
La Cour.—Quand avez-vous vu l'ile Minorque ?
Le capitaine Everitt.—Nous avons signalé l'ile vers six heures du matin, le 19 mai. A
onze heures de la matinée, le même jour, nous étions à peu près à deux lieues du château
Saint-Philippe. Je ne crois pas que nous nous en soyons approchés plus que cela. À deux heures de l'après-midi, la flotte française était parfaitement en vue, Elle était
dans l'ouest, mais je ne saurais préciser la distance qui la séparait de nous. Le lendemain,
qui était le 20 mai, à huit heures du matin, nous vimes l'escadre ennemie se préparer au combat.
La Cour à l'amiral Byng.—Croyez-vous avoir à poser d'antres questions au capitaine Everitt ou aux officiers du Buckingham ?
L'amiral Byng.—Non, je ne le crois pas,
Le capitaine Everitt et les officiers du Buckingham reçoivent la permission de la cour de rallier leurs vaisseaux.
On fait alors entrer le capitaine Gilchrist.
La Cour.—Quelle était la position de votre navire dans la flotte ? Le capitaine Gilchrist, les signaux.
Le 20 mai, j'étais placé en face du contre-amiral, et je répétais
La Cour.—Est-ce que chaque navire anglais est resté à la distance qu'il lui fallait
pour attaquer l'ennemi ?
Le capitaine Gilchrist.—Non: entre midi et une heure, ils ne l'étaient pas, d'après les
signaux faits par l'amiral, mais le contre-amiral et sa division, reculés à travers le vent,
lutterent contre le vent (kove down right before the wind) serrèrent les vaisseaux de l'en-
nemi (hauled up opposite) et l'attaquerent. Un seul vaisseau ne put le faire. C'était le
Defiance, qui nous parut être trop en avant. Ceux qui se trouvaient en arrière, devin-
rent la ligne de bataille en avant. Le Defiunce alors coifla toutes ses voiles, et se trouva
en face de son adversaire, qui était le navire français le plus en avant.
La Cour.—L'amiral a-t-il Jaissé porter devant le vent, sur l'ennemi ?
Le capitaine Gilchrist.—Non ; ni aucun vaisseau de sa division,
La Cour.--Au moment où le signal du combat était donné, quelle était la position des navires de la flotte française ?
Le capitaine Gilchrist.—Ils étaient tous en panne, ayant leurs grands huniers, Notre
arrière-garde était dans la même position.
La Cour.—Est-ce que l'amiral a combattu à distance convenable ?
(op taient
ai, À Ateau cela, était main, er au
taine
cour
étais illait
s les vent, l'enut le ‘vinpuva
Le capitaine Gilehrist. Je ne saurais avoir la prétention de dire oui ou non. Mon hésitation est basée sur la position qu'occnpaient le Revenge, le Princess: Louisa et le Trident. ‘
La Cour.— Est-ce que, d'apres la position de la flotte française, le temps et le vent permettaient aux Anglais de combattre à distance convenable ?
Le capitaine Gilchrist. —Je le crois.
La Cour.— Lorsque le signal du combat a été donné, et pendant tout le temps de la bataille, est-ce que les vaisseaux de l'arrière-garde ont fait tout leur possible pour serrer au plus près l'ennemi ?
Le capitaine Gilchrist. Non ; mais dans la dernière phase du combat, l'amiral Byng a mis toutes ses voiles au vent à l'exception de son grand perroquet,
La Cour.—Le vent et le temps lui permettaient-ils de faire porter toutes ses voiles au vaisseau qu'il commandait ?
Le capitaine Gilchrist.—Le vent se comportait de manière à permettre au navire que
je commandais de porter toutes sos voiles. Je ne vois pas pourquoi il n'en aurait pas 66 ainsi du vaisseau de l'amiral. à
La Cour —Pendant combien de temps l'avant-garde de votre flotte at-elle combattu l'ennemi ?
Le capitaine Gilchrist —A peu près une heure et quart.
La Cour.— Avez-vous vu le feu des batteries du Ramillies ?
Le capitaine Gilchrist. Oui.
La Cour. — A quelle distance était l'avant-garde de l'arrière-garde ?
Le capitaine Gilchrist.—Cortuins navires de l'arrière-garde Paraissaient être à peu près à trois milles de distance.
La Cour.—S$i l'arrière-garde anglaise avait fait toutes voiles dehors, n'êtes-vous pas sous l'impression qu'elle aurait empêché l'arrière-garde française de cribler de son tir l'avant-garde anglaise ?
Le capitaine Gilchrist.—Je crois qu'elle le pouvait.
La Cour.—Quelles sont les causes qui ont pu ainsi éloigner à une aussi grande distance notre arrière-garde de notre avant-varde ?
Le capitaine Gilchrist.—Cela est dû à ce que notre arrière-garde a coiflé ses navires au moment où nous commencions le feu.
Le capitaine Hervev, du Phenix, succède au Capitaine Gilchrist, comme témoin.
La Cour.—Quelle était la position de votre navire dans la flotte ?
Le capitaine Hervey.— J'étais par le travers de l'amiral, et j'avais l'ordre de répéter les Signaux.
La Cour.—.Vers quel temps a-t-on signalé au Deptford de quitter la ligne de bataille ?
Le capitaine Hervey.—A peu près vers deux heures et quarante minutes.
La Cour.—Quand le Ramitlies a-t-il ouvert son feu sur l'ennemi ?
Le capitaine Hervey.—Il était à peu près deux heures et demie. Avant cela, 1l avait reçu pendant dix ou douze minutes les boulets des trois navires ennemis qui étaient les pius en arrière. J'observai alors que des boulets français tombaient entre le Ramillies et mon navire, le Phenix.
La Cour.—Quand avez-vous vu tomber la hune de misaine de l'Intrepid ?
TS
84 FAUCHER DE SAINTMAURICE
Le capitaine Hervey.—Vers le temps où le Ramilies à ouvert son fou sur l'ennemi, J'ai aussi constaté que la manœuvre rapide faite par l'éntrepid en arrivant vent devant (bearing down) aurait permis aux Français de lui servir un feu d'enfilade, Sa hune de misaine était enlevée: ce navire pouvait venir en collision avec l'amiral. Ce dernier combattait alors, et il courait le risque de ne pas voir ce navire en temps pour s'en garantir. Peu de temps après le Ramillies cessn le feu, et les onze vaisseaux ennemis qui étaient en ligne, s'éloignèrent de la portée de tir du Ramilties.
La Cour.—Combien de fois le Culloden a-t-il fait feu ?
Le capitaine Harvey.—1l a tiré très peu, et à une plus grande distance que le Ramillies.
La Cour —Quand le feu a-t-il cessé ?
Le capitaine Hervey.—A peu près vers cinq heures de l'après-midi, L'ennemi serablait s'éloigner de la portée du tir de notre avant-garde, bien que quelques-uns de ses navires nous parussent avoir subi peu d'avaries.
Mardi, 14 janvier, la Cour examine de nouveau le capitaine Hervey, depuis neuf heures du matin jusqu'à deux heures de l'après-midi, Elle ne peut trouver rien de contradictoire à son premier interrogatoire, Le capitaine Amhurst est ensuite appelé,
La Cour,—Le voyage de Sainte-Hélène à Gibraltar et de Gibraltar à Mahon at-il subi des délais qui n'étaient pas nécessaires ?
Le capitaine Amhurst.—Non : il n'y en a pas eu.
La Cour,—L'amiral et son arrière-garde pouvaient-ils se porter au secours de notre avant-garde, en venir aux mains avec l'ennemi et le serrer de près ?
Le capitaine Amhurst.—Je ne vois pas la raison qui eût pu l'en empêcher,
La Cour.--Etant donné la position des deux flottes, croyez-vous que l'ennemi pouvait déclarer le combat ?
Le capitaine Amhurst.—Oui, je le crois. Il était en panne. Je crus qu'il se déciderait à nous livrer bataille,
La Cour.—Est-ce qu'il n'y avait pas de nos vaisseaux qui étaient plus faibles que ceux de l'ennemi ?
Le capitaine Amhurst.— Oui.
La Cour —N'y avait-il pas de nos vaisseaux qui demandaient à être radoubés ?
Le capitaine Amhurst. —Oui.
La Cour.—Comment l'amiral s'est-il conduit pendant le combat ?
Le capitaine Amhurst—Je n'ai pas la prétention de me prononcer d'une manière positive sur la conduite de l'amiral pendant cette bataill
Le lendemain, 5 janvier, on assermente et interroge M. Lloyd, lieutenant. Son témoignage a peu d'importance. Il répète une partie dla moignage précédent, Il en est de même de celui de M. Phillips, volontaire à bord de la flotte, mort capitaine depuis,
On fait entrer le capitaine Young.
La Cour.—Quand vous avez perdu votre petit mât de hune. y avait-il danger de collisie \ ntre vous et les vaisseaux de notre arrière-garde ?