DARÈS
Au sud, bien au sud de ce château, dit Balthazar, les champs, les fleurs et les rizières, après la ceinture des sables trop mobiles sous les virevoltes des vents violents, des terres commencent que défendent, dit-on, coutic l'abord, d'épais enchevêtrements de forêts el des [acs trop peu profonds, ou des monstres rampent sur la vase des berges. De vieux récits coûtaient que ceux (jui dompteraient la route trouveraient parmi un haut cirque de collines de colossales statues. Aux poitrines d<
formes de granit pendent dc< colliers d'argent, dont 1rs lamelles sont gravées du sens de l'avenir. Mais pour atteindre, de la main, ces colliers, il faut gra» virle socle branlant et disjoint de ces statui si les pierres du socle bougent, la statue de pierre écrase, en tombant le malheureux chercheur de destins. Les vieux conseils gardés par les traditions enseignaient que la route était tracée par de blancs bien des caravanes vinrent détruites
par le vent et le feu du ciel, loin des puits et des verdures. Les antiques paroles avertissaient de se garder des grandes ruines longues des villes veuves, depuis longtemps, égouttant leurs pierres, une à une, dans l'immense silence; et la stagnation de la ruine s'enfouit sous l'élan perpétuel des grandes herbes inutiles; dans ces ruines, ainsi le chuchotaient les grêles voix exténuées des anciens sorciers, de singuliers dieux se manifestent, d'ombreuses chevelures tournoient au-dessus de regards trop profonds; des plantes inconnues distillent des poisons sans antidote. De plus, ces plaines sont parcourues de géants, larges et grands comme des tours, qui arrêtent les armées et dévorent leurs prisonniers. C'est une terre d'incessant miracle et j'en voulus tenter les incertitudes.
(le fut vite fait d'atteindre le premier ossuaire sur la route des oracles. Nous entrions dans l'empire d'un dur soleil, non de ce nourricier qui gon fie la grappe et réchauffe les blés, mais d'un âpre tyran dont les glaives interdisaient l'horizon. Près des dunes effritées du sable, dont les formes figuraient des molosses géants, des squelettes gisaient, et rien n'était funèbre comme cette solitude et ce e de mort, sous les feux ardents du ciel sans s. C'était sans aucun signe autre que ce souvenir de morts tragiques, dans tout cet isolement, le verbe implacable, c'était l'idée de la limite; à