‹ Le contre de l'or et du silenceChapitre 43 sur 46 · i l CONTB Dl l.'oii · texte numérisé non relu

i l CONTB Dl l.'oii

heure une ville colossale aux rues serrées, aux torches nombreuses; c'est sur La terre restreinte que s'étend le désert de l'ombre et de la nuit . El tout se tait à bord, on les pilotes et les veilleurs s'abordent à pas étouffés, et demain ce sera l'aube. Et l'aube est tous les jours plus claire qui ae^ cueille le navire et le flot est plus bleu de courir un ciel plus beau el les prêtres du soleil levant sa lèvent sur des nuées tous les jours plus • tons les soirs les pans de pourpre que lèvent les bras blessés du soleil deviennent pins impérieusement éclatants et voici surgir des nuits violettes, qui se câlinent et se bercent sur le flot. <pii rêvent pins qu'elles ne dorment; des formes laissent traîner sur les pans des vagues de Longues robes blanch< parfois la mer s'allume. Tons les Ilots se sont elia-

raarrés de lumières vertes comme la prée et l'herbe tendre. Des îlots de printemps fleuri, des danses de déesses gaies courent sur la crête des vagu< de l'immensité qui se joue et se contourne des pan t'nms voyagent <jni passent sur la nef et vont s'aM ténuer vers Les côtes Lointaines. Desdoigts de frai] cheurs caressent Les fronts humains. Ce n'est plus le vent « 1 1 1 i geint, c'est La luise qui s'amuse et qui chuchotte et tout le calme s'étend par tout le cielj la blanche écharpe des unies laisse voir des pleines profondes semées de scintillements.

Et maintenant la nef n;i\ igue sur un miroir bleu,

le flot fléchit sous sa proue et se referme doucement comme à peine dérangé d'une sieste ; des dauphins énormes et joyeux sautent et l'escortent. Le navire est entré en plein bonheur solaire. Une douceur fïue du ciel tranquille, du soleil droit, de l'horizon calme, de la plaine infinie d'azur liquide. Les parfums s'entr'ouvrent brusques comme des fleurs énormes. La nef qui bondissait aux mers septentrionales glisse sur ce repos de lac bercé par les plus doux songes. La mer est hospitalière au désir de vivre ; la lumière revêt l'esprit d'un manteau de fête, et les pilotes heureux laissent vaguer silencieusement la contemplation sereine des voyageurs. Les pèlerins de la douleur sont portés par les flots d'une volupté physique et la fraîcheur des soirs est tendre, presque amoureuse. Et après de longs jours la nef aborde, et vient doucement se ranger, au bas d'un escalier qui descend dans la mer et la gouttelette des vagues finissantes brille sur les degrés de marbre blanc.

Page 1