‹ Le Contrôle de la guérison des blennorragiesChapitre 14 sur 43 · PARAGRAPHE V · texte numérisé non relu

PARAGRAPHE V

ToUCHER RECTAL: EXPRESSION PROSTATO-VÉSICULAIRE

Avec la canule de Janet et le bock, contenant un antiseptique très faible, on lavera l’urétre antérieur, puis on injectera dans la vessie une petite quantité de liquide. À ce moment, il sera préférable de changer la position du sujet : il était couché sur le dos, 1l se Liendra désormais debout, mais le tronc fortement penché en avant, et s'appuyant sur la table d’examen.

Cette posture permet d'atteindre sans peine la prostate et les vésicules séminales, ce qui est parfois pénible dans le décubitus dorsal,à cause de la résistance de certains périnées et de la brièveté du doigt explorateur.

On fera pénétrer l’index le plus loin possible en suivant la paroi postérieure du rectum, puis on palpera de chaque côté la vésicule séminale : normalement.,elle est difficile à percevoir : à l’état pathologique, son volume est très souvent appréciable, et l’exploration détermine de la douleur. Ayant reconnu la vésicule, on exercera sur elle des pressions sans violence avec la pulpe du doigt, en allant du pôle supérieur ‘vers l’autre. La prostate à son tour sera reconnue, appréciée en volume, consistance, sensibilité, et on en pratiquera un massage doux, par pressions «en rayons de roue », de la périphérie vers le centre.

En retirant le doigt rectal, on pincera le périnée entre lui et le pouce à l'endroit répondant aux glandes de Méry.

Pendant toutes ces manœuvres rectales, un verre aura été Lenu sous la verge du patient pour recueillir les sécrétions.

On terminera en faisant vider la vessie du liquide injecté eb des produits exprimés des glandes. Les sécrétions reçues dans le verre pourront être envoyées au laboratoire.

De cet ensemble d'opérations : palpation directe ou sur cathéter, exploration de l’urètre, toucher rectal, l’urologiste

pourra-t-il rapporter une certitude de la guérison? assurément, non. Pas plus que l’absence de sécrétion visible de l’urètre, l'absence de littrites sensibles sur le cathéter ne prouve qu’il n’y a pas de glandes infectées (d’ailleurs la paroi supérieure du canal échappe à l'examen). Les mêmes remarques sont applicables au toucher rectal : les constatations négatives n'ont aucune valeur; la prostate peut-être petite, indolente, et cependant infectée; les vésicules peuvent contenir du pus, des moules muqueux de leur cavité, sans que le massage digital puisse parvenir à les vider.

On pourra, en revanche, recueillir des signes de probabilité, sinon cle certitude, en faveur de la «non-guérison » :

Une sécrétion exagérée, après une longue abstention théräpeutique, est suspecte, si le malade n’en est pas seul responsable par la «traite » cent fois repétée de son canal.

La sensibilité localisée au passage de l'explorateur plaide en faveur de l'existence d’urétrite chronique à foyers encore actifs.

Une douleur vive provoquée par le frottement de l’olive sur le veru montanum sera une sérieuse présomption en faveur d’une vésiculité chronique (Luys, 120).

Si les littrites constatées peuvent être cicatric ielles, ce sont souvent aussi des repaires microbiens.

La congestion prostatique est souvent due à d’autres causes que l’infection gonococcique,maisles noyaux perçus, indolents, bien isolés, contiennent des réserves de virulence pour l'avenir.

Une vésicule séminale perceptible et douloureuse, est très probablement malade; si elle se vide par le massage d’un liquide jaunâtre et de masses gélatineuses, c’est un soupçon de plus.

En somme, de toutes les épreuves que nous avons passées en revue jusqu'ici, aucune ne permet de dire à celui qui consulte qu'il est guéri; elles peuvent seulement lui laisser prévoir qu'il ne l’est pas.

PERVÈS 2

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