‹ Le Contrôle de la guérison des blennorragiesChapitre 17 sur 43 · REMARQUES PRÉLIMINAIRES SUR L'INFECTION GONOCOCCIQUE · texte numérisé non relu

REMARQUES PRÉLIMINAIRES SUR L'INFECTION GONOCOCCIQUE

La blennorragie, maladie infectieuse, contagieuse et inoculable, dépend du gonocoque, germe étranger à l’organisme sain (LAVENANT, 83). Elle commence le plus souvent, chez l’homme, par une urétrite : on a distingué, en dehors d'elle, des urétrites saprophytiques (à bacterium coli, entérocoque, micrococcus Catarrhalis etc. } et aseptiques (?), mais « ces urétrites sont très rares, car l’urètre est très résistant à tout autre microbe que le gonocoque. En pratique donc les urétrites non gonococciques méritent par leur rareté d’être négligées et l’on peut dire que pratiquement toutes les urétrites sont primitivement gonococciques » (LEGUEU, 107). Dans des affections chroniques sans germe spécifique, « il est souvent bien téméraire d'affirmer qu’un gonocoque n’a pas précédé Lous les microbes banaux » (AUGAGNEUR ET CARLE, 4). L'opinion courante que les complications de la blennorragie sont dues aux infections secondaires était déjà attaquée en 1896 par Marcel SÉE dans sa thèse classique (172); il y disait que la plupart des manifestations de la maladie sont ou tout au moins peuvent être causées directement par la présence du gonocoque aux points atteints. Dans les prostatites par exemple, d’après de très nombreux examens bactériologiques, jamais le

bactérium coli ni les staphylocoques ne peuvent être seuls incriminés. Non seulement le gonocoque a préparé le terrain mais encore 1l est toujours présent dans les cas où l’on se donne la peine de le rechercher avec soin (Guépin, 61).

Ainsi, le gonocoque, agent seul responsable de la blennorragie chez l’homme, est la cause nécessaire et prépondérante des complications. |

Il semble bien qu’il en soit de même dans l’autre sexe: alors que «la contagion des urétrites bactériennes chez la femme est encore à démontrer » (BERDAL, 12), le gonocoque est le facteur prépondérant des salpingites et des péritonites périsalpingées (ForGUE); sur 20 cas de salpingite suppurée, HART- MANN et Morax (1894) ont décelé le gonocoque 13 fois.

Il est donc établi que la découverte du gonocoque suffira pour permettre d’affirmer qu’un malade n’est pas guéri. Où le trouvera-t-on? Non pas, le plus souvent, à la surface de l’urètre : il est trop facile de le faire disparaître par quelques injections ou les balsamiques asséchants, et la kératinisation de la muqueuse chroniquement enflammée suffit à l’enfouir ; mais dans les culs-de-sacs glandulaires du canal lui-même, dans ses dépendances : glandes de Méry, prostate, vésicules séminales, ensemble que RELIQUET et GUÉPIN appellent « les glandes de l’urètre » (58). En effet, l’urètre postérieur est atteint précocement, dès le premier jour dans 25 pour 100 des cas, (LEBRETON, 99) dans 75 pour 100 au moins à partir de la troisième semaine. (CI. K. SuirH, 179). Arrivé dans cette région le gonocoque a toutes les chances possibles d'atteindre les acini prostatiques par les canaux excréteurs, et les vésicules par l'intermédiaire des canaux éjaculateurs, sans fatalement se manifester aussitôt par des symptômes appréciables : Cas- PER (1900) trouve la prostate malade 80 fois pour 100; FRANK (de Berlin) au congrès de Berlin, (1900) signale le même fait 210 fois sur 210 cas, et c’est bien le gonocoque qui est en jeu, puisque Frank le découvre 175 fois sur 210 cas. Aussi AUGAGNEUR et CARLE (4) à qui sont empruntés ces chiffres, sont autorisés à dire que « le syndrome blennorragie résulte

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