‹ Le Contrôle électroencéphalographique des Anesthésies générales de longue durée en Chirurgie thoraciqueChapitre 12 sur 65 · LES CONSIDÉRATIONS CHIRURGICALES · texte numérisé non relu

LES CONSIDÉRATIONS CHIRURGICALES

Les malades qui ont été opérés présentaient tous une affection pulmonaire pour laquelle l'intervention était une nécessité, intervention délicate toutefois du fait de leur fragilité physique. C'est pour cette raison que ces interventions ont été conduites sous contrôle électroencéphalographique (E.E.G.).

Les vingt-cinq malades opérés comprennent vingt-trois hommes et deux femmes. Leur âge moyen est de 51 ans [le plus jeune ayant 21 ans, le plus âgé 58 ans).

L'intervention a été réalisée 12 fois pour tuberculose pulmonaire, 8 fois pour cancer bronchique, 3 fois pour bronchectasies et 2 fois pour abcès. L'opération a consisté 5 fois en une pneumonectomie gauche, 5 fois en une pneumonectomie droite, 3 fois en une pleuropneumonectomie gauche, 2 fois en une pleuropneumonectomie droite, 4 fois en une lobectomie du côté gauche, 3 fois en une lobectomie du côté droit, enfin 3 fois en une thoracotomie exploratrice.

Pour nous permettre de faire des comparaisons entre les différents temps opératoires et les aspects successifs du tracé E.E.G. nous rappellerons succinctement le déroulement d'une intervention, une pneumonectomie par exemple.

Le malade est couché en position opératoire sur le côté sain, le bras du côté malade replié au-dessus de la tête [donc position comprimant le poumon sain). Une incision d'arrière en avant, sen-

siblement parallèle à la sixième côte, est pratiquée. Après avoir sectionné les masses musculaires et fait une hémostase soigneuse [source malgré tout importante de déperdition sanguine chez un sujet musclé), on aborde la sixième côte qui est dégagée au bistouri électrique, ruginée, puis sectionnée au costotome {source de réflexes nocifs}. À ce moment, on crée le plus souvent un pneumothorax artificiel brutal : l'anesthésiste, averti de ce temps délicat, empêche le collapsus complet du poumon en lui opposant une pression positive. Par la brèche opératoire maintenue béante par un écarteur, on aborde le poumon. Sa libération est parfois longue et délicate (pertes sanguines en nappe] : de plus, dans les différentes manœuvres, des collections purulentes peuvent se faire jour, soit dans la cavité pleurale, soit dans une bronche [atélectasie ou inondation de l'arbre bronchique avec toutes ses conséquences}). Un autre temps délicat est la dissection du pédicule pulmonaire [importante zone réflexogène), où l'on doit ligaturer successivement bronches, artères et veines (d'où diminution de la masse sanguine circulante et de l'hématome). On pratique ensuite l'exérèse en bloc. Parfois du côté gauche, le chirurgien doit employer la voie trans-péricardique à cause de l'adhérence des lésions au péricarde {ce temps est donc dangereux.

Les sutures bronchiques, longues et délicates, nécessitent un silence respiratoire presque complet pendant plusieurs minutes [d'où anoxie passagère). La fermeture et le drainage, dans certaines opérations, terminent l'intervention.

Retenons surtout les manœuvres opératoires pour lesquelles nous avons noté des modifications du tracé E.E.G., soit à savoir :

— l'ouverture du thorax.

— la dissection du pédicule et les différentés manœuvres

portant sur le poumon, — les ligatures, les clampages, et l'exérèse du poumon, — ‘e changement de position du malade en fin d'intervention.

L'apparition de ces anomalies électriques correspondant aux différentes manœuvres chirurgicales est d'ailleurs conditionnée par la qualité de l'anesthésie.

Page 1