OBSERVATION V
Malade N° 17427. Dav.… René, 7 ans.
Intervention : Lobectomie inférieure et moyenne droite pour bronchectasies kystiques. Difficultés anesthésiques dues aux caractères très sécrétant des lésions. Difficultés opératoires consécutives à une pleurésie ancienne avec pleurotomie. ù
Anesthésie : Nesdonal : 50 cars.
D-tubocurarine : 20 mgrs.
Protoxyde : donné au début et en fin d'anesthésie [taux faible). Ether : donné à deux reprises pendant un temps très court.
Réanimation : 500 cc. de sang.
T. À. : 11/6, maintenue pendant l'intervention. L'anesthésie n'a pas été considérée comme satisfaisante.
Analyse du tracé E.E.G. : En raison de difficultés techniques, l'enregistrement ne peut être commencé que 20 minutes après l'injection de 35 ctas de
TO re
Nesdonal. On note à ce moment une activité ample où s'associent des fréquences de 3 et de 10 c/s, égales dans les deux hémisphères. Vers la trentième minute l'amplitude diminue notablement, en même temps qu'une activité rapide à 14 c/s tend à devenir prédominante. On injecte à nouveau 5 ctgs de Nesdonal : en même temps, on envoie une bouffée d'éther pendant 4 minutes : le tracé devient extrêmement lent avec des ondes parfois infériures à 1/2 c/s. Au bout de ce temps, l'activité à 10 c/s réapparaît, bientôt suivie, 3 minutes plus tard, d'une activité rapide à 16 c/s. L'injection de 6 milligrammes de curare ne modifie nullement l'aspect du tracé. Vers la soixantième minute, des ondes thêta à 6/s s'associent à l'activité rapide et correspondent au réveil de l'enfant, qui nécessite une nouvelle bouffée d éther pendant 40 secondes, bouffée qui influence peu le tracé. A la soixante-dixième minute, l'Intocostrine (2 cc. 1/2) n'entraîne aucun changement de l'activité électrique. Cinq minutes plus tard, on voit apparaître des ondes à 5 c/s en même temps que disparaître l'activité rapide. Ces ondes lentes traduisent un certain degré de souffrance cérébrale et font réclamer une aspiration bronchique et demander l'arrêt du Protoxyde d'azote. L'activité rapide réapparaît au bouï de 3 minutes. La réapparition à deux reprises de ces mêmes ondes lentes pendant plusieurs minutes nécessite une nouvelle aspiration et l'oxygénation. L'activité thêta à 7 c/s qui s'installe ensuite correspond à la phase de réveil qui nécessite la reprise du Protoxyde d'azote. La phase de réveil ter-
minal s'accompagne d'ondes lentes à 4 c/s, puis bientôt une augmentation
de l'amplitude tandis que se maintiennent ces ondes lentes.
Conclusion : Au cours de cette anesthésie, l'activité de sommeil était représentée par des ondes rapides à 16 c/s et le réveil se traduisait par l'apparition d'ondes thêta à 7 c/s. L'encombrement bronchique s'est traduit par un ralentissement plus important du rythme qui a cédé à l'aspiration bronchique et à l'oxygénation.