OBSERVATION IX
Malade N° 21886. Len... Georges, 47 ans. Intervention : Thoracotomie exploratrice.
Anesthésie : Nesdonal : 1,20 grs.
D-tubocurarine : 50 mars.
Protoxyde : donné de façon discontinue à taux faible à cause des phénomènes anoxiques.
Réanimation : 500 cc. de sang.
T. A.: 10/6, maintenue pendant l'intervention.
Au cours de l'anesthésie le malade a présenté des manifestations cliniques d'anoxie. Des dosages des gaz du sang ont été effectués.
Analyse du tracé E.E.G. : Le tracé pris à l'état de veille montre un rythme alpha lent à 8 c/s, relativement régulier et stable, réagissant à l'ouverture des yeux. L'injection assez rapide, par voie I. V. de 80 cgrs de Nesdonal, modifie assez rapidement ce tracé. En effet, on voit alterner des ondes lentes de 4 à 5 c/s, assez peu voltées, avec des phases de 4 à 5 secondes d'activité électrique pratiquement nulle, ou très peu voltée. Ces modifications persistent pendant 7 minutes, il est vrai qu'à la cinquième minute, on réinjecte
AD ter
10 nouveaux cars de Nesdonal. Au bout de cette période, ôn note une activité assez régulière avec des rythmes différents, l'un à 14 c/s et l'autre à b c/s. À ce moment, le malade est sous l'influence du Protoxyde d'azote à 40 %.. Au bout d'une dizaine de minutes, on voit apparaître dans la région temporale gauche des ondes lentes à 3 c/s qui correspondent avec une tendance au réveil, ce qui nécessite une nouvelle injection dé 10 cgrs dé Nesdonal. L'activité à nouveau s'accélère pendant une minute, puis les ondes lentes réapparaissent beaucoup plus nombreuses et beaucoup plus diffuses, avec toujours une prédominance gauche. On élève le taux du Protoxyde à 50 %, le rythme s'accélère nettement, la fréquence dominante étant alors de 12 c/s, tandis que l'amplitude décroit de moitié. Au fur et à mesure de cette anesthésie au Protoxyde à 50 %, on assiste à une baisse progressive de l'amplitude de l'ensemble de l'activité cérébrale, qui demeure rapide, et prend même des fréquences de 18 c/s par moments. Bientôt seul, lé poumon gauche est insufflé, cette insufflation limitée s'accompagne d'une baisse encore plus marquée de l'amplitude, en même temps qu'apparaissent des ondes lentes de 3-4 c/s, peu voltées, en bouffées paroxystiques dans l'ensemble des dérivations. On prévient l'anesthésiste de la chose, et en fait le malade est cyanosé, et une première prise de sang est pratiquée pour dosage. Les bouffées d'ondes lentes à 2-3 c/s se reproduisént, puis disparaissent quand on insuffle les deux poumons ; l'activité demeure rapide mais son amplitude a tendance à augmenter. Quand on retire la sonde intra-bronchique, la fréquence diminue nettement, et l'on voit un rythme dont la fréquence est de l'ordre de 8 à 9 c/s. Cet aspect demeure très régulier et une nouvelle prise de sang est effectuée à ce moment. Pendant le reste de l'anesthésie, le tracé conserve à peu près ce même aspect. Lorsque le malade se met à respirer spontanément, le tracé se ralentit encore, il respire d'ailleurs mal, et l'on note à ce moment des ondes lentes de 3-4 c/s assez amples : ces ondes lentes persistent jusqu'à la fin de l'enregistrement.
Conclusion : Le Nesdonal s'est accompagné de modifications assez importantes et assez prolongées avec toutefois des ondes lentes peu voltées. La partie intéressante de cet enregistrment a été l'asphyxie en relation avec la mauvaise position de la sonde, asphyxie qui s'est traduite par une baisse progressive de l'amplitude en même temps qu'une accélération du rythme, puis l'apparition d'ondes lentes de souffrance cérébrale.