OBSERVATION XI
Malade N° 21043. Mar... Fernand, 46 ans. :
Intervention : Pleuropneumonectomie droite pour tuberculose pleuraie et pulmonaire. Lésions anciennes, plèvre calcifiée. .
Anesthésie : Nesdonal : 1,50 gr.@ D-tubocurarine : 35 mgrs.
Protoxyde : a été donné de façon discontinue à cause des phénomènes
anoxiques.
Réanimation : 4 litres de sang.
T. A.: 11,5/7, pas de modifications au cours de l'intervention.
te ee L'anesthésie n'a pas été bonne à cause des lésions très sécrétantes et de la sonde de Carlens.
Analyse du tracé E.E.G: : Le tracé pris à l'état de veille montre un rythme de base alpha à 9 c/s, parfaitement régulier, réagissant très bien à l'ouver-
ture des yeux. Dès l'injection de 50 cgs de Nesdonal, apparaissent des ondes
lentes delta à 2 c/s amples et irrégulières, durant une quarantaine de secondes. Quand la dose de 70 cgs est atteinte, les ondes lentes se groupent par deux ou trois, et sont séparées par des intervalles de 4 à 6 secondes durant lesquels l'activité est pratiquement nulle. Cette phase dure une minute et demie, puis apparaît une activité à 10 c/s associée à des ondes lentes delta : bientôt ces ondes lentes disparaissent au profit d'une seule activité rapide à 14 c/s, cette activité est ample, relativement régulière, égale dans l'ensemble des dérivations. Quand on associe le Protoxyde d'azote à 50 %,, cette activité est peu modifiée : au bout de quelques minutes, elle tend cependant à devenir plus rapide, et l'on obtient des fréquences de 18 c/s, relativement constantes. Une nouvelle injection de 10 cgrs de Nesdonal ne modifie pratiquement pas l'aspect du tracé : une baisse de l'amplitude correspond à une légère cyanose du malade, et l'on pratique plusieurs aspirations bronchiques ; cependant l'amplitude du rythme diminue encore, et l'on abaisse le pourcentage du Protoxyde d'azote à 40 %. Sous l'influence de cette modification, l'amplitude du rythme s'élève nettement, la tension demeure à 10. Sous l'influence de 10 nouveaux cdrs de Nesdonal, quelques ondes lentes à 6/s s'installent avec l'activité rapide. On reprend à ce moment le Protoxyde à 50 %. Alors que la fréquence du rythme n'est pas modifiée, l'amplitude diminue à nouveau, et l'on demande à l'anesthésiste de revenir au taux de 40 %. Au bout d'une heure trente, l'amplitude décroit très progressivement, et le rythme cardiaque se maintient à 110, bientôt la fréquence diminue notablement, et l'on voit apparaître des ondes lentes à 4 c/s qui deviennent bientôt continues : l'amplitude de ces ondes lentes s'accroît progressivement tandis que leur fréquence diminue, passant à 3 puis à 2 c/s. A la cinquième minute, ces ondes lentes disparaissent complètement pour faire place à un tracé linéaire. Durant cette phase, le rythme cardiaque se ralentit notablement et passe à 70. On supprime alors le Protoxyde d'azote, 2 minutes 1/2 plus tard, quelques ondes lentes delta réapparaissent de façon éphémère pendant une
minute, et le tracé linéaire réapparaît. Le malade est très cyanosé, le rythme
cardiaque se ralentit encore. Sous l'influence de la Novocaïne intra-péricardique, alors que l'activité cérébrale demeure aussi inexistante, le’ cœur s'accélère brusquement, son rythme passe à 150, en même temps que l'anesthésiste retire la sonde et redonne 25 % de Protoxyde d'azote. Néanmoins, il faut attendre 4 minutes 1/2 pour voir réapparaître quelques ondes cérébrales, et & minutes pour obtenir une activité un peu plus régulière. Cette activité demeure malgré tout très peu ample, et sa bonne qualité n'apparaît que vers la dixième minute, les fréquences sont alors de 10 c/s, l'amplitude ‘ demeure foujours basse, autour de 10 microvolts. Pendant la demi-heure suivante l'activité est régulière, un peu plus voltée. Au moment de la fin de l'intervention, le rythme se ralentit progressivement, et l'on note d'abord des ondes thêta à 6 c/s, puis des ondes delta à 3 c/s, dont l'amplitude aug-
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mente ; ces ondes lentes durent près de 7 minutes. Sous l'influence du changement de sonde, le rythme s'accélère, puis à nouveau les ondes lentes réapparaissent malgré une aspiration bronchique. Ces modifications nécessitent une réintubation, le rythme s'améliore progressivement, et quand le malade respire seul, on retrouve une activité alpha à 9 c/s.
Conclusion : Le Nesdonal à entraîné des perturbations assez passagères. Par contre, de graves complications sont intervenues au cours de l'anesthésié, et le tracé a traduit l'importante souffrance cérébrale occasionnée par les troubles cardio-pulmonaires, et il est à noter qu'en fin d'intervention les mêmes troubles respiratoires sont réapparus, qu'ils ont été de longue durée. Le contrôle électrique a été important au cours de ces deux phases différentes.