‹ Le Contrôle électroencéphalographique des Anesthésies générales de longue durée en Chirurgie thoraciqueChapitre 55 sur 65 · CORRÉLATION ENTRE E.E.G. ET ANESTHÉSIE · texte numérisé non relu

CORRÉLATION ENTRE E.E.G. ET ANESTHÉSIE

.— A PROPOS DU NESDONAL

Le contrôle E.E.G de l'anesthésie nous a permis de nous rendre compte, comme beaucoup d'auteurs l'ont déjà signalé, que l'action du Nesdonal dépendait de la rapidité de sa concentration au niveau des cellules nerveuses, c'est-àdire, qu'à dose égale, une injection rapide n'a pas les mêmes effets qu'une injection lente {le temps de circulation du sujet étant le même).

Du point de vue électrique, en effet, une dose filée de Nesdonal (un ctg toutes les 20 secondes selon une technique de narcoanalyse) provoque l'apparition de rythmes rapides seulement. Une injection de 50 ctags pratiquée en 10 ou 15 secondes, selon la technique la plus souvent employée pour une intubation, provoque presque chez tous les sujets une période importante d'ondes lentes et de suppression, qui nous semble nocive pour l'organisme {cf. les conclusions de nos observations |, 2, 3, 8, 23). Tandis que l'injection intra-veineuse plus progressive [50 ctgs en 30-50 secondes) ne s'accompagne pas, en général, de phénomènes de suppression . et l'apnée ne se produit pas. En effet, dans nos contrôles 13, 15, 19 et 20, l'injection de Nesdonal a été faite lentement et nous n'avons pas observé de périodes d'inactivité électrique ni d'apnée.

Certes, pour pratiquer une intubation intra-trachéale, l'anesthésie par le Nesdonal doit être très profonde. mais il ne semble pas nécessaire d'atteindre la dose apnéisante provoquant l'inactivité électrique. D'ailleurs, dans nos observations 13, 15, 19 et 20, l'intubation fut réalisée sans incident et sans difficulté.

TPE

ILimporte donc de ne pas surdoser le malade avec du Nesdonal,

d'autant plus que la sensibilité des sujets à cet agent anesthésique est très variable : chez les uns, l'effet est intense et se poursuit pendant très longtemps [cf. obs. |, 2, 8, 9, et surtout 23), chez les autres, au contraire, des doses importantes ne suffisent pas à donner une anesthésie de bonne qualité (dans l'obs. 17, | gramme ne provoque pas de phases de suppression: avec | gr. 50 dans l'intervention 19, et 2 ar. 30 dans l'intervention 22, le malade bouge sans cesse).

L'injection de Nesdonal au cours de l'intervention, pendant l'anesthésie au protoxyde d'azote, se traduit de façon différente selon les sujets et la dose employée. Chez la plupart, chaque injection de l'ordre de 10 ctgs s'accompagne de bouffées d'ondes lentres (2 à 3 c/s) de caractère rythmique qu'il importe de ne pas confondre avec les anomalies de l'anoxémie. Une dose de 10 ctgs très diluée ou une dose inférieure n'entraîne, en général, aucune modification électrique décelable [cf. obs. 2).

H. — L'INTUBATION

Nous savions déjà par la clinique, que l'induction est une période fertile en incidents : or, l'intubation est pratiquée en général pendant une période où l'aspect du tracé est celui de la suppression totale. On comprend donc pourquoi de nombreux auteurs recomrandent de faire celle-ci rapidement et sans traumatisme. Dans certaines interventions, les lésions à caractère très sécrétant ont nécessité pour l'intubation la mise en place d'une sonde de Carlens ou d'un bloqueur de Thomson. Chaque fois, le contrôle E.E.G.

de l'anesthésie à semblé nous prouver que ces sondes spéciales ne permettaient pas une oxygénation suffisante. Dans l'obs. 11, .

on notait : « sous l'influence du changement de sonde, le rythme s'accélère. Ces modifications nécessitent une réintubation, le rythme s'améliore progressivement, et quand le malade respire seul, on retrouve une activité alpha normale ». De même, dans l'obs. 13, les phénomènes anoxiques étaient dus en partie à la sonde de Carlens, puisque le malade réintubé avec une sonde ordinaire présentait peu de temps après un tracé normal.

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D'autre part, le déplacement inopiné de cette sonde au cours de l'intervention à provoqué plusieurs fois des accidents aigus de la ventilation pulmonaire {voir les conclusions de notre observation 9 par exemple).

Il nous semble important de signaler encore une fois que les signes E.E.G. ont précédé notablement l'apparition des premières manifestations cliniques observées par l'anesthésiste ou le chirurgien.

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