Reg. C. club
3. Jeanbon à Lasource, 8 décembre : la classe des pauvres «est le plus ferme appui des lois », les riches sont « communément mauvais et douteux citoyens ». Une adresse du club du 3 février « aux banquiers, capitalistes, agioteurs de l’Empire », provoquée par la rareté du numéraire, dit « un homme qui veut se distinguer par de grandes richesses déteste la liberté et l'égalité autant que celui qui veut se distinguer par des parchemins » (2e Reg. corresp. ï Pourtant, le 22 juillet, les négociants et fabricants de Montauban ont “décidé de continuer leurs appointements à leur commis partant pour l’armée (Reg. C. du club).
4. Le 10 février, le club désavoue un certain Dorfeuille qui réclame le partage des biens des émigrés « Que deviendraient les propriétés ! » s’écrie-t-il (2e Reg. de sa corresp.). Le 16 février, il écrit aux Jacobins qu’il ne faut pas se faire une idée exagérée des torts de l'administration du-Lot (ibid.). Jeanbon se rend bien compte qu’il n'est suivi que de loin : « nous ne pouvons pas encore nous mettre au niveau de notre situation », écrit-il à Lasource le 3 février.
5. Voy. 8 mars 1792, le club du café National de Bordeaux à celui de Montauban (L215#, Arch. Gironde) et le club de Toulouse à Louis XVI en décembre 1791 (L748. Arch. Haute-Garonne). $
6. Révolution française, t. XXI, p. 366. Jeanbon s’abstient encore de viser nominalement le roi, il ne s’en prend qu'aux ministres, ou s’en tient au mot vague « pouvoir exécutif » dans l’adresse du club à l'Assemblée nationale du 24 février sur l'attentat de Sainte-A ffrique.
7. Adresse du club du 12 mars aux Jacobins contre les ministres (@e Reg. de sa corresp.).
après, il charge Jeanbon d'écrire à l’Assemblée nalionale pour la féliciter de la mise en accusation de Delessart et presser la reddition des comptes de Bertrand et de Narbonne ‘. Qu'il vienne un ministère aux conseils duquel on ne pourra plus attribuer les menées contre-révolutionnaires du Roi, et le ressentiment des patriotes s’en “prendra à la personne royale elle-même.
Ainsi le pouvoir exécutif et les administrations départementales, se prévalant de la Constitution même, refusent de combattre les ennemis de cette Constitution, et Jeanbon s’en irrite avec lous les démocrates de Montauban. Mais ses partisans et lui n’ont pas beaucoup plus d’indulgence pour l’Assemblée législative. Voyant de près le désarroi général et les intrigues des réactionnaires, ils trouvent qu’elle manque de la vigueur commandée par la situation, qu’elle n’agit pas assez. Jeanbon écril le 1 mars 1792 à Lasource. «.... Cette Assemblée nationale, qui devait nous sauver, que fait-elle ? Quelques members se dévouent avec zèle à la chose publique, ils sont peu nombreux. D’autres la trahissent effrontément, et ils sont soutenus par les lâches qui attendent des faveurs de la cour: et par tous les timides que la faiblesse de leur caractère rend incapables de s'élever au niveau d’un ordre de choses dont ils ne sont pas même en état de concevoir la sublimité. Que deviendrons-nous donc, c’est ce que chacun se demande avec effroi. Le patriotisme -est ardent, mais il commence à se décourager, et cela parce qu’il ne compte plus autant sur la fermeté de l’Assemblée nationale ?. » Quant aux corps judiciaires, « ces enfants chéris de l’ancien comité de constitution * Jeanbon les enveloppe dans la même condamnation que les corps administratifs et déclare, à propos d’un méfait du tribunal de Montauban, qu’ «ils ne cherchent qu’à enrayer la machine et à prouver que les nouvelles lois sont absurdes et insupportables “ ». En somme, six mois seulement après la mise en pratique de la Constitution de 1791, Jeanbon était réduit à porter des jugements sévères sur l'attitude politique adoptée par tous les pouvoirs qu’elle avait établis.