‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 147 sur 889 · Aulard, Jacobins, t: III, p · texte numérisé non relu

Aulard, Jacobins, t: III, p

5. Ibid., t. IV, p. 2, 7, 9. Desmoulins Lucie-Simplice-Camille-Benoist, né à Guise le 2 mars 1760, auteur de la France libre, des Révolutions de France et de Brabant, de la Tribune des Patriotes et du Vieux Cordelier, député de Paris à la Convention, guillotiné avec Danton le 5 avril 1794 (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. Il, p. 514).

6. Le 19 juin, le club décida aussi l'impression et l’aflichage de la lettre de Roland au Roi (reg. C, club). Il écrivit, le 24 juin, au club de Toulouse en flétrissant « les actes d’incivisme du Premier Représentant de la Nation, ce prévaricateur..….. » (2° reg. de corresp. du club),

Mais, en cette occurrence, que pouvait l’Assemblée, même appuyée de tous les patriotes? Exercer sur Louis XVI une pression morale? elle l'avait déjà fait par l’organe de Vergniaud ‘ après les massacres d'Avignon, c’est de la sorte qu’elle avait imposé au roi le ministère girondin : le renvoi de ce dernier démontrait que le moyen était usé. Or, il n’en existait point d'autre, la Constitution de 1791 ne donnait au pouvoir législatif, c’est-à-dire à l’Assemblée, aucune arme légale pour contraindre à l’obéissance le pouvoir exécutif, c’est-à-dire le roi. Depuis l’ouverture de la Législative, bien avant le 12 juin, on avait pressenti aux Jacobins les vices de cette Constitution ?, admis léventualité de sa disparition et discuté sur les mesures à prendre en pareil cas. Merlin, le 25 avril, conseillait « une assemblée d’électeurs des quatre-vingt-trois départements ». Delacroix, le 3 juin, considérait que « tout le bien qui se trouve dans la Constitution vient du peuple, tout le mal est de l’Assemblée constiluante dans sa décrépitude », et il proposait en conséquence le renouvellement des corps électoraux *. Réal, le 11 juin, demandait pour l’Assemblée une sorte de dictature, qu’elle « reprenne les rênes de l'Empire », disait-il ‘. Or ces différentes motions étaient illégales : les deux premières parce que la Constitution de 1791 interdisait toute revision de l’Acte Constitutionnel avant deux législatures *, la troisième aurait donné à l'Assemblée le pouvoir exécutif en même temps que le pouvoir législatif, ce que défendait aussi la Constitution. Tous le savaient du reste : Chabot, très avancé d'idées, présidait la séance des Jacobins où parla Delacroix, il imposa presque silence à ce dernier et le club lui ordonna d'effacer de son discours les passages inconstilutionnels f; après la proposition de Réal, Albitte réclama plus de sagesse dans les délibérations, et Lasource protesta solennellement, contre un orateur qui demandait en somme que l'Assemblée fit une deuxième révolution. Le 4 juin, il est vrai, uu orateur du faubourg Saint-Antoine rappelait aux Jacobins que d’après

1. Vergniaud Pierre-Victurnin, né à Limoges le 31 mai 1753, avocat au Parlement de Bordeaux, membre de l’administration départementale de la Gironde, député de la Gironde à la Législative et à la Convention, guillotiné à Paris le 31 octobre 1793 (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. II, p. 515).

2. Dès le 21 octobre 1791, C. Desmoulins la déclare mauvaise (Aulard, Jacobins, t. III, pp. 200-219); maïs il ne propose pas de remède. Au contraire, l’opinion républicaine dans Paris, songe à une assemblée de revision, à une Convention. Voy. Aulard, Révolution française, juin 1898 à mars 1899, t. XXXV et XXX VI, et du même Les origines du parti républicain, Revue de Paris du 1°" mai 1898.

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