‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 149 sur 889 · Aulard, Jacobins;t. IV, p · texte numérisé non relu

Aulard, Jacobins;t. IV, p

2. DE août 1789, on parlait d’une réunion des « conventions nationales » pour reviser la Constitution. Ce devaient donc être des assemblées de revision. On en parla beaucoup de nouveau lors de la fuite de Varennes (Voy. p. 141, note 2). Il y eut, le 29 août 1791, un débat dans la Constituante sur ces assemblées, on n’admit pas le terme de.Convention, et on le remplaça par celui d' Assemblées de revision (Moniteur, t. IX, pp. 530-540),

3. Robespierre, dans sa réponse à Louvet, en séance de la Convention, dira : « J’ai le premier, dans mes discours publiés et dans mes écrits, appelé la Convention nationale comme le seul remède aux maux de la patrie » (Moniteur, t. XIV, p. 390), et à l’appui, Hamel et Michelet çitent son discours aux Jacobins du 29 juillet 1792 (Hist. de Robespierre, 1. II, pp. 289 et 347-349, Michelet, Hist. de la Révolution, édit. de 1879, t. IV, p. 281).

On voit avec quelle dialectique subtile, quelle entente remarquable des nécessités de la situation politique et de ses propres intérêts, Jeanbon fondait en droit les deux moyens qui s’offraient pratiquement de briser l'opposition de la royauté : l'insurrection du peuple contre le pouvoir exécutif, et la revision de la Constitution par une Convention nationale. Le lendemain, 20 juin, après le soulèvement survenu dans la journée, il revenait encore aux Jacobins sur l'utilité de cette Convention comme procédé légal de revision : à propos du velo royal, il soultenait que la suppression de ce droit de velo ne pouvait être prononcée par la Législative : «elle est du ressort de la Convention nationale ‘

Toute cette discussion de Jeanbon Saint-André soulève assurément des critiques : regarder comme une manifestation de la volonté générale l'insurrection qui ne pouvait être que l'explosion des passions d’une minorité et d’une minorité souvent turbulente et oppressive, c'était énoncer le sophisme le plus artificieux, le plus redoutable; et, de fait, après le 20 juin et le 10 août 1792, au 31 mai 1793, au 9 thermidor an II, aux 12 germinal et 1 prairial an II, au 13 vendémiaire an IV, une minorité en révolte prétendra imposer ses décisions comme l'expression de la volonté générale. Mais Jeanbon ne faisait que reprendre les théories de Rousseau, n’était pas plus coupable que tous ses contemporains ; pour tous le Contrat social “était un Credo. Il faut bien le dire aussi, c'était l’action de la minorité qui avait assuré le lriomphe de la Révolution à Monlauban, c'était la minorité qui continuait à y maintenir la Révolution prépondérante, c’est l'insurrection de la minorité qui allait sauver la nation au 10 août et sous la Convention en la tyrannisant, car les Montagnards qui organiseront la dictature du gouvernement - révolutionnaire seront des révoltés vainqueurs de la majorité des départements. En droil, le principe de Jeanbon ne peut se soutenir, son éducation, les circonstances où il avait vécu précédemment et vivait encore font comprendre qu’il l'ait adopté.

D'autre part, ces débats sur la légalité ou l'illégalité de l’insurrection et d’une assemblée de revision nous paraissent oiseux, alors que ces deux moyens s’imposaient d'urgence en présence de l'invasion étrangère coalisée avec la royauté contre la Révolution et l’Assemblée : il faut tenir compte de la passion qu'avaient tous les hommes de ce temps pour la légalité, ils avaient été et devaient être encore sous la pression de la nécessité les auteurs de coups de force terribles, mais ils venaient d'établir un régime constitutionnel, ils étaient ravis d’avoir fondé le règne de la loi et ils reculaient devant l'obligation de s’y dérober de suite ?. Michelet, qui l’attribue d’ailleurs à Robespierre, et non à Merlin, Réal et Jeanbon, se moque de cette proposition d une e asfembléé de HEROIPR

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