‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 150 sur 889 · SA DEMANDE D'UNE CONVENTION · texte numérisé non relu

SA DEMANDE D'UNE CONVENTION

pour résoudre le conflit avec la royauté : « avant que les assemblées primaires fussent seulement convoquées, les Prussiens et les Autrichiens donnant la main à Louis XVI pouvaient arriver à Paris » !; Michelet ne voit pas qu’en même temps que la revision de la Constitution, Jeanbon admet très bien contre la royauté et le pouvoir exécutif l'insurrection populaire, qu’il accepte les deux procédés également, établit la légalité de tous deux; les patriotes choisiront l'insurrection lorsque le manifeste de Brunswick leur prouvera qu'il. faut, avant de reviser la Constitution, enlever de force à la royauté le pouvoir exécutif dont elle se sert pour trahir. Est-il bien sûr, d’ailleurs, que les paroles de Jeanbon n’aient été que des arguments dans un débat purement académique? Il ne fut pas indifférent, croyons-nous, à la préparation du 20 juin et du 10 août qu'aux Jacobins quelqu'un eût déclaré l'insurrection contre le pouvoir exécutif légale, pourvu qu’elle fût organisée en dehors de l’Assemblée législative, il n’a pas été indifférent à la marche des événements que la légalité de la convocation par la Législative d’une assemblée de revision ait été établie et qu’on ait retrouvé pour cette assemblée un nom bref, significatif, qui fit rapidement son chemin.

Le 21 juin, aux Jacobins, Jeanbon attaquait violemment la lettre écrite par La Fayette à la Législative ?; ce furent là, croyonsnous, ses adieux au club. Le 19 avait été lue à la société de Montauban, sa dernière lettre de Paris à ses concitoyens sur la politique générale, du moins la dernière dont nous connaissions * l'existence.

En résumé, dans ses trois mois de séjour à Paris, Jeanbon s'était pleinement convaincu de la duplicité de la royauté et de l'esprit réactionnaire du parti feuillant, il s’élait convaincu également de l'impuissance à leur égard de l’Assemblée législative liée par la Constitution, et il concluait à la nécessité inévitable de faire reviser cette Constitution par une nouvelle Assemblée.

La même lecon se dégagea pour lui des négociations qu'il avait à conduire au nom de la commune de Montauban. Pour tout ce qu'il demandait, c'est aux Comités de l’Assemblée plutôt qu'aux ministres qu'il devait s'adresser “, les premiers ayant peu à peu annulé les

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