‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 155 sur 889 · Lettres de Paris, 27 avril, 8 mai (Arch. du Consist · texte numérisé non relu

Lettres de Paris, 27 avril, 8 mai (Arch. du Consist

grande prudence qui ne vous donne aucune sûrelé, qui ne diminue aucun danger, et: qui, au contraire, les aggrave tous, parce quelle révèle aux ennemis de la constitution le secret de votre faiblesse et de voire timidité ‘. » Il est impossible de trouver plus nette exposition de la conception du salut par l'audace, et le Consistoire, honteux de ces reproches, reprit le projet d'installation aux Carmes ?.

On voit comment, sous l'influence de causes mulliples, s’acheva dans lesprit de Jeanbon, durant son séjour à Paris, le travail commencé dès le mois de décembre 1791 : en lui tout attachement pour la royauté, pour l’Assemblée nationale, pour la Constitution s'évanouit, el avec l'horreur de l'édifice construit s’accrut l'âpre désir de le voir remplacer par un nouveau à l'élévation duquel des révolutionnaires déterminés, et lui-même, auraient chance de collaborer. C'est dans ces dispositions, tandis que la plupart des affaires dont il était chargé demeuraient en suspens devant les Comités de l’Assemblée nationale * et qu'il altendait pour revenir à Montauban le vote toujours différé du plan d'instruction publique de Condorcet‘, que le 3 juillet, sur une proposition de son ami Lasource, la Législative renvoya lous les députés des communes dans leur pays ‘. Jeanbon prévoyait la mesure depuis un mois et l’acceptait d'avance, bien qu’elle l’éloignât de Paris, tant elle était conforme à l'intérêt général ‘. Malade à ce moment, il revint lentement par la diligence ’. A son départ, il put lire le fameux discours de Vergniaud du 3 juillet contre la royauté, el il dut apprendre en route l’insurreclion de du Saillan qui, au nom des princes frères du roi, menaçait de mettre à feu et à sang les Cévennes ®. Il arriva le 12 juillet à Montauban.

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