‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 160 sur 889 · Reg. C. club · texte numérisé non relu

Reg. C. club

5. Ibid. Cf. la séance de la Législative du ? juillet où tous les membres sembrassent en jurant de ne jamais souffrir l'établissement de la République (Moniteur, t. XIII p.w#2).

6. Le 17 juillet a été appliquée à Montauban la loi du 8 juillet, ordonnant par

l’article 2 la permanence des corps administratifs et conseils généraux des communes (fol. 67, 2 Reg. de délihér., du conseil général de la commune);

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revenu où du produit de son travail et n'étant pas en étai de domeslicité, recevait le droit de faire partie des assemblées primaires chargées de nommer les électeurs (art. I), tous ceux ayant vingt-cinq ans et satisfaisant aux conditions précédentes, pouvaient être choisis comme électeurs ou députés (art. III); dans un tableau annexé au décret et indiquant les localités où se tiendraient les assemblées électorales, Montauban était nommé de préférence à Cahors. Un troisième décret ouvrait la garde nationale comme les assemblées primaires à tous les citoyens ‘. A en croire Nicolas, c’étaient les amis de Jeanbon dans la Législative, qui, bons juges de son mérite et désireux de lui ménager l'accès de la Convention nationale, avaient fait placer le siège de l’Assemblée électorale du Lot à Montauban ?; c’est peu probable, car, d’après la loi du 19 octobre 1789, les élections devaient se faire successivement dans chaque chef-lieu de district, et le district de Montauban était, par rang d'importance, le second du Lot; mais, comme dès le mois de juin, Jeanbon dénonçait la tendance de Cahors à insinuer « que les Assemblées électorales doivent se tenir constamment dans son sein », et s’écriait : « serez-vous libres longtemps avec un pareil état de choses et bientôt aurez-vous d’autres députés au corps législatif que ceux qu’auront choisis d'avance ces villes que vous aurez rendues orgueilleuses à force de condescen- -dance?.... les assemblées électorales doivent, aux termes de la loi, ne revenir à Cahors qu'après avoir passé dans chaque chef-lieu de district » *, ses amis dans la Législative furent obligés sans doute de repousser des arguments des députés du Lot, très intéressés, et pour Cahors et en vue de leur réélection, à faire modifier la loi *. En tout cas, par les décrets ci-dessus, l'influence des démocrates, c’est-à-dire du parti sur lequel s’appuyait Jeanbon, devait dominer dans les élections: le suffrage à deux degrés qui était établi, équivalait, en somme, au suffrage universel, l'assemblée électorale allait siéger à portée du club et sous la protection de la garde nationale, désormais ouverte à tous

1. Décret rendu en séance permanente du 10 août 1792. C’est ce même décret, qu; supprimant les distinctions entre citoyens actifs et citoyens passifs, ouvre à ces derniers la garde nationale (Procès-verbaux de la Législative, t. XII, pp. 108 -105).

2 Nicolas, op. cit.,p. 20, note 2.

. Observations sur un Mémoire de la ville de Cahors, déjà citées.

À Procès-verbal de l’Ass. Législative du 13 août : «Il s'élève des réclamations sur le décret relatif au placement des assemblées électorales, LAssemplée nationale rend le décret suivant : É

« Les assemblées éleetorales de département tiendront leurs séances dans les seconds chefs-lieux de district, en suivant l’ordre de dénomination établi par le décret sur la division de la France en départements et en districts, sauf quelques exceptions que l’Assemblée nationale a cru nécessaires, le tout conformément au tableau annexé au présent décret.

« L'Assémblée nationale rapporte le premier tableau annexé au décret du 12 août, dans lequel il s’est glissé des erreurs. »

Dans le tableau définitif on lit :

départements chefs-lieu des assemblées électorales Lot Montauban:

(Procès-verbal, t. XII, p. 192.)

les citoyens; cette assemblée était transférée dans une ville où les petits commerçants, les contremaîtres, les ouvriers protestants grossissaient l'élément populaire, où la rancune à l'égard des administrateurs du département, et vis-à-vis de Cahors et de la députation du Lot, accentuait l’antipathie pour les idées modérées ‘. La candidature de Jeanbon avait, de ce fait, toutes les chances de réussir, et cependant ses ennemis, à Montauban même, étaient de haine si tenace, leur coalition avec les électeurs de Cahors leur donnait une supériorité numérique telle que c’est de haute lutte et en leur imposant la {yrannie de la minorité révolutionnaire que Jeanbon parviendra au but qu’il ambitionne.

Le 16 août, le club se met en mesure de conduire les élections; il se déclare en permanence, vote une adresse de félicitations dont il charge Jeanbon pour les fédérés de Montauban qui ont pris part à la journée du 10 août, et décide une autre adresse, celle-ci d’adhésion « aux mesures sages et vigoureuses que l’Assemblée nationale vient de prendre pour sauver la patrie ? »; tous les membres de la. société devront la signer sous peine d’être rayés, les meneurs croient ainsi ne garder avec eux que des hommes résolus à les suivre. Puis il délibère d'écrire « à toutes les sociétés affiliées du district, du département, à l'effet de les aviser que la société allait prendre toutes les mesures possibles pour faire un bon choix tant des électeurs que des députés à la Convention et pour les inviter à user des mêmes mesures ? ». Comme il l’a fait à deux reprises pour les élections municipales, il veut imposer ses candidats aux électeurs. Une commission est nommée pour les choisir .: le 21, ses choix n'ayant pas l'approbation de tous, on lui adjoint quatre membres «à l'effet de faire demain au soir un nouveau rapport, présenter une nouvelle liste des membres que la commission croira dignes des fonctions électorales ». Parmi ces quatre est Jeanbon ‘. Mais, le 24, un membre dénonce au club que des listes relatives au choix des électeurs et contraires à celle arrêtée par le club courent en ville, et que M. Rossignol, membre du club, en colporte une. Le président invite Rossignol à s'expliquer. « M. Jeanbon Saint-André a pris la parole pour observer que quelle que fût la décision de l'Assemblée sur le compte de M. Rossignol, nous ne devions pas moins considérer ce

1. Cf. l'élection de Carrier, dans le Cantal, favorisée par la jalousie de sa ville natale, Aurillac, pour Saint-Flour (Delmas, Les débuts de Garrier, Révolution française, t. XX VIII, p. 438).

2. Reg. C. club. Jeanbon lit la première adresse le 28 août, elle est adoptée avec applaudissements (ibid.).

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