‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 184 sur 889 · Moniteur, t. XIV, pp · texte numérisé non relu

Moniteur, t. XIV, pp

. 8. Révolulion française, t. XXIX, pp. 69, 70. Cf. Marat aux Jacobins le 12 octobre (Aulard, Jacobins, t. LV, p. 384).

4. Lepeletier de Saint-Fargeau né à Paris en 1760 d’une riche famille de noblesse de robe, député de la noblesse de Paris aux Etats généraux, s’appela désormais Michel Lepeletier, président de l'administration départementale de l'Yonne, élu par ce département à la Convention, vota la mort du Roi (Dict. des Parlementaires). Sur sa mort voy. la suite du chapitre.

5. Aulard, op. cit., p. 451. Le journal des Jacobins oublie de mentionner cette élection. Lepeletier le remplace au bout de sa quinzaine d'exercice (ibid., p. 480).

aux prises avec la Montagne. Un des plus graves, fut provoqué le 29 octobre par Louvet. Se faisant l'écho de tous les journaux girondins à la tribune de la Convention, Leuvet inculpa solennellement «la faction Robespierre », les tendances de Robespierre à la dictature et déclara Robespierre responsable des journées de septembre ainsi que de tous les méfaits imputés à la Commune !. Robespierre répondit le 5 novembre, el quelque opinion qu'on ail de lui, il faut admirer son discours comme l’admira la plus grande partie de l’Assemblée; très habile quoique d’un grand accent de sincérité, il réduisait à néant les propos de son adversaire etrenvoyait aux Girondins le reproche de viser à la dictature : n’étaient-ils pas les auteurs d’une proposition tendant à la création d’une force armée et d’un projet contre la provocalion au meurtre, motions qui devaient porter atteinte à la liberté individuelle et à la liberté de la presse ? Jeanbon dut l’écouter avec transport; quand le plaidoyer de Robespierre fut terminé, Louvet, Barbaroux, voulaient revenir à la charge, Jeanbon s’associa à Saint-Just, Manuel, Garnier,

pour réclamer l'ordre du jour, et celui-ci fut voté à une très grande majorité ?.

Ces discussions avaient leur écho dans Paris; des volontaires s’y étaient rendus des départements à l’appel des Girondins pour constituer une garde à la Convention, sans attendre que la proposition de Buzot fût votée ; ils manifestaient bruyamment dans les rues contre Marat, Robespierre et Danton et demandaient leurs têtes, si bien que Marat s'était de nouveau terré dans sa cave. D'autre part les nombreux alliés que comptaient dans Paris les trois chefs de la Montagne n’épargnaient pas les menaces à Louvet. Aussi la Convention, le 4 novembre, avant même que Robespierre se fût justifié, avait décrété que son Comité de sûreté générale et le conseil général de la commune, lui rendraient respectivement compte de la situation de Paris ÿ. Le 6 novembre, Basire fit le rapport du Comité de sûreté générale : « la sûreté de cette ville ne saurait être altérée que par les injustes préventions » que l’on se plait « à suggérer contre elle aux divers départements », dit-il, et il conclut : « Que la Convention fasse connaître à la France entière la juste confiance qu’elle a dans le peuple de Paris, c’est là tout le secret de

1. Moniteur, t. XIV, pp. 340-344. Noter que déjà le 25 septembre Barbaroux s'était offert à signer une dénonciation contre Robespierre. L'intervention de Louvet se produit à la suite d’un nouveau rapport de Roland sur la situation de Paris. Louvet de Couvray, né à Paris en 1760, auteur des Aventures du chevalier de Faublas, rédacteur du journal de Roland « la Sentinelle », élu à la Convention par le Loiret, député aux Cinq- Cents par la Haute-Vienne, sortit de l’assemblée le 1e" prairial an V, mourut peu après (Dict. des Parlementaires).

2. Moniteur, t. XIV, pp. 390-395. Manuel Pierre-Louis, né à Montargis en 1751, homme de lettres, procureur de là commune de Paris, député de Paris à la Convention, démissionnaire après la condamnation de Louis XVI, guillotiné le 24 brumaire an Il (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. I, p. 60).

3. Tallien dénonce les volontaires et Gorsas les ennemis de Louvet. Voy. Modlioue: t. XIV, p. 387, Procès-verbaux, t. II, p. 374. ;

SA RUPTURE AVEC LES GIRONDINS 187 la tranquillité publique. » La Gironde soupconnait déjà le Comité de partialité pour la Montagne ‘, elle accueillit par des rumeurs violentes une demande d'impression de ce rapport présentée par le côté gauche. Alors Jeanbon s’élance à la tribune, le bruit continuant : « Oh! ce n’est pas par des murmures que vous m’imposerez », déclare-t-il, et il assure que l'impression du rapport est nécessaire pour rassurer les départements sur le sort de leurs députés, puis il se perd dans des tirades déclamatoires sur l'unité et la fraternité nécessaires. « Au fait donc! » lui erie-t-on. Il y revient, en termes d’une véhémence extrême : « Il est temps que nous sentions la sainteté de nos devoirs; il est temps de remplir les engagements que nous avons contractés...… N'êtes-vous donc pas la Convention représentative d’une grande république ? Quel spectacle avez-vous jusqu'ici donné à vos commettants? Voilà six semaines qué cette Convention est assemblée; qu'elle s'interroge, qu'a-t-elle fait pour le Salut public? » Interrompu par les applaudissements des tribunes et les demandes de rappel à l’ordre des Girondins : « On nous détourne de nos travaux, reprend-il, on affecte de nous parler sans cesse de périls imaginaires. On nous demande des lois de rigueur, des gardes de sûreté. » La Convention, au lieu de s'occuper des hommes, doit s’occuper des principes et rendre l’organisation sociale digne « du bon peuple ». De nouvelles interruptions se font entendre ?. « Oui, du bon peuple, répète-t-il .….. Si l’on a des délits à dénoncer, il existe des lois et des tribunaux... qu’on ne fatigue plus la Convention nationale de toutes ces déclamations qui ne prouvent, j'ose le dire, que la méchanceté de cœur de ceux qui les font‘. » Buzot répond qu’il désire lui aussi la concorde, mais qu’il ne peut y avoir union « entre les hommes du 10 août et les assassins du 2 septembre. — Nous regardez-vous comme des hommes du ? septembre? » lui crie la Montagne , et de fait, la plupart des Montagnards, Jeanbon entre autres, venaient d'arriver des départements et ne pouvaient en bonne justice être impliqués dans le massacre des prisons. Lasource vient répliquer à Basire avec non moins de virulence que Buzot à Jeanbon ‘. Finalement la Convention refuse l'impression au

rapport de Basire 7.

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