Aulard, Jacobins, t. IV, p
4. 11 se nommait Philippe Égalité par un arrêté de la commune de Paris du 15 septembre 1792 qu'il avait sollicité lui-même. Louis-Philippe-Joseph, duc d'Orléans, né à Saint-Cloud en 1747, arrière petit-fils du régent, d’abord duc de Montpensier, puis duc de Chartres, réclame en 1787 les États généraux, membre des États, élu de Paris à la Convention, vota la mort du roi; arrêté le 6 avril 1793, enfermé à Marseille, ramené à Paris, condamné à mort le 6 novembre 1793 (Dict. des Parlementaires).
5.. Voy. Lanjuinais le 16 à la Convention (Moniteur, +. XIV, p. 764), et Sénart, : Mémoires, ch, x.
6. Voy. Fayau le 19 à la Convention (Moniteur, t. XIV, p. 787). Robespierre dit aux, Jacobins, le 16 au soir, que le but de la motion Louvet, bien que conforme aux princi pes, « est de chasser de la Convention les meilleurs patriotes, car après avoir chassé Égalité on voudra encore en chasser d’autres » (Buchez et Roux, t. XXI, p. 381) et Marat fait observer dans la méme séance au club que, si on laisse Ja majorité
tée le 16 décembre par Buzot, Louvet, Lanjuinais, la motion souleva la colère de Chabot, de Saint-Just, puis amena Jeanbon à la tribune. Il prononça un discours que le Moniteur reproduit de facon assez incohérente : « La proposition de Buzot avait pour motif de bannir toutes les défiances et d’éteindre tous les soupçons. Rémplit-elle ce but? étouffe-t-elle toutes les haïnes ? anéantit-elle toutes les inquiétudes ? Si elle ne remplit pas cet objet, elle n’est donc pas bien placée.
Pourquoi voulez-vous chasser les Bourbons avant d’avoir jugé Louis Capet? Pourquoi voulez-vous me faire envisager un rapprochement en eux quand je les vois distincts et séparés? J'ai cru voir et j'ai vu qu’il n’était pas impossible que d’une mesure précipitée sur cet objet, on tirât un préjugé favorable pour un autre... Je demande donc l’ajournement jusqu'après le jugement de Louis XVI. » Merlin de Thionville demanda que tous ceux qui portaient ombrage à la - liberté disparussent, et Barère, s'emparant de cette idée, proposa l'expulsion pêle-mêle de d'Orléans, de Pache, ministre Montagnard de la guerre, et de Roland. Le tumulte fut alors à son comble, et au milieu des vociférations Choudieu parvint à faire voter l’ajournement à deux jours de la question relative à Philippe Egalité et aux ministres, l'expulsion sous huit jours des autres Bourbons, à l'exception des prisonniers du Temple‘. Le soir, aux Jacobins, Jeanbon s’écria : « La scène d’aujourd’hui avait été préparée chez Roland qui avait distribué tous les rôles, c’est pour cimenter son despotisme qu'il veut faire exiler Égalité.…. Au reste, soyons calmes, ayons la dignité qui nous convient. Le calme du peuple est le calme de la nature à l'approche de la tempête. Mais malheur à ceux qui provoquent la tempête. Elle sera funeste aux Brissotins et à tous les autres intrigants ?. » Le 19, quand la discussion recommenca, il demanda le rapport du décret contre les Bourbons. Pétion en fit suspendre l'exécution et ajourner toute mesure jusqu’après le jugement de Louis Capet *. Au fond, c’est ce que voulait Saint-André #, il avait
violer dans Égalité les droits et la qualité de représentant, c'est un précédent redoutable pour tous les représentants.
1. Pache, né à Paris en 1746, entra au ministère de l'Intérieur sous Roland, ministre de la guerre en place de Servan le 18 octobre 1792, remplacé le 2 février 1793 ; maire de Paris, il contribua au 31 mai, remplacé comme maire par le robespierriste Fleuriot Lescot, persécuté par les thermidoriens en l’an III, vécut à l'écart jusqu'à sa mort en 1823 (Dict. des Parlementaires). Moniteur, t. X1V, pp. 765-768. Voy. Procèsverbaux, t. IV, pp. 247-248, le résumé de la enson très difficile à saisir dans le Moniteur.