‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 192 sur 889 · Aulard, Jacobins, t. IV, p · texte numérisé non relu

Aulard, Jacobins, t. IV, p

3. Mercure universel, t. XXII, p. 314. Robespierre est du même avis parce que, dit-il, Pexpulsion est proposée par la Gironde dans des intentions malveillantes. Moniteur, t. XIV, pp. 788, 790. Pétion de Villeneuve, député du bailliage de Chartres aux États généraux, maire de Paris én novembre 1791, élu à la Convention par l'Eureet-Loir, proscrit au 2 juin, trouvé mort avec Buzot près de Saint-Émilion le 20 juin 1794 (Dict. des Parlementaires).

4. Noter que la plupart des Montagnards ne combattent pas la motion en ellemême, elle est conforme à leurs principes ; ; Saint-Just, Merlin de Thionville, Robespierre l’admettent à ce point de vue.

combattu non le principe mais l’opportunité de la mesure, il avait discuté les mobiles qui poussaient les Girondins à attaquer Égalité,

mais non défendu la personne de ce dernier que tous les Montagnards,

Marat même, méprisaient pour l’indignité de sa vie privée et l’abjection de son caractère !. Toutefois le souvenir de ces débats ne s’effaca pas de l’esprit de Jeanbon, d'autant qu'ils faillirent lui faire perdre la Confiance des démocrates montalbanais et qu’il dut éclairer le clubde sa ville natale sur la prétendue faction d'Orléans ?, et quand les Girondins voudront soumettre la condamnation du Roi à l’appel au peuple, il s’écriera : « Comment devez-vous consulter les assemblées primaires pour punir un criminel, vous qui vouliez dans vingt-quatre heures chasser du territoire de la: République une famille innocente et enlever au peuple un représentant qu'il s'était choisi ? ? »

Une nouvelle scène de violences, le 27 décembre, le ramena à la tribune. Après un discours de Lequinio sur la question de l’appel au peuple, discours très agressif pour les Girondins, Bentabole, avait engagé les tribunes à applaudir et les tribunes étaient déjà trop disposées, au mépris du règlement, à soutenir ou étouffer de leurs clameurs la voix des orateurs dans l’Assemblée; très irritée, la Gironde quitta ses places, Barbaroux et Louvet en tête, pour aller menacer la Montagne et le tumulte fut extrême. Le calme à grand’peine rétabli, Buzot proposa de dresser procès-verbal de l'attitude de Bentabole et de l'envoyer aux départements comme un recours contre les manifestations des tribunes. Jeanbon demanda vainement à combattre cette opinion #, il fut décidé que Bentabole serait censuré. Puis Vergniaud demanda qu’à l’avenir, pour tout conventionnel frappé de censure, le décret portant la pénalité fût envoyé aux départements : la mesure est inutile et dangereuse, déclara Jeanbon : « Elle atteindrait des hommes quelquefois entraînés par un excès de zèle hors des bornes du calme et de la modération, elle n’atteindrait pas ces hommes véritablement coupables qui, d'ici, soufflent dans leurs départéments le poison de cette calomnie atroce. La source malheureuse des dissensions qui règnent dans la Convention n’est pas dans les choses qui apparaissent aux yeux de l’observateur commun; elle est dans des manœuvres secrètes qui alimentent les soupcons dans les départements, par lesquelles on cherche sans cesse à égarer l’opinion et . sur les choses et sur les hommes. » Interrompu, il reprit : «IL faut que les citoyens des tribunes se contiennent dans le devoir, c’est le vœu de tout bon citoyen; mais il ne faut pas faire une loi qui porte

1. Voy. les Révolutions de Paris de Prudhomme, n° 180 (Bibl. nat. Le? 171). Marat, Journal de lu République française, n° 84, dit de Philippe qu’il est « sans vertus, sans âme, sans entrailles ».

2. Lettre du club à Jeanbon, de Montauban, 6 février 1793 : « Nous avons été très satisfaits des éclaircissements que vous nous donnez sur la prétendue faction d'Orléans, ce fantôme (nous vous l’avouons)en avait alarmé plusieurs » (2e Reg. Corresp. du club).

3. Opinion sur le jugement du Roi et l'appel au peuple, Sur laquelle nous reviendrons.

Page 1