Lettre à la municipalité de Montauban, déjà citée
Qu'on juge, d’après les sentiments de Jeanbon, du ton auquel la discussion était montée. La Convention présentait alors le spectacle terrible « de convictions en délire ». Quant aux départements, ils étaient à l'unisson : des écrits, des adresses partis de tous les points de la France apportaient dans l'enceinte de l’assemblée « leurs anathèmes contradictoires » !. Partout les amis des Girondins et des Feuillants se coalisaient contre les Montagnards. Jeanbon n’avait pas à craindre d’être désavoué des Montalbanais. Depuis le 16 décembre, le corps municipal avait été renouvelé ; recruté comme auparavant par le club, il se composait de démocrates éprouvés, avec à sa tête Périés-Labarthe, plusieurs défections qui s'étaient produites dans ses rangs n’avaient fait que le rendre plus homogène ? et l'alliance de Jeanbon avec la municipalité précédente s’était encore resserrée avec celleci *, fortifiée du district épuré de ses éléments feuillants *, appuyée sur les juges de paix, tous trois créatures de Jeanbon *, elle assurait à notre conventionnel l’assentiment de Montauban; les démocrates protestants étaient si bien les maîtres dans cette ville qu’ils s’installaient le 20 janvier au temple des Carmes ‘. La situation de Jeanbon dans la région était encore affermie par son prestige, au club de Toulouse où son discours du 1* janvier avait été applaudi ’, et à Cahors d’où son ennemi Ramel était parti. Pourtant, dans une cité aussi royaliste que Montauban, les partisans de Louis XVI, trop surveillés pour s’agiter ouvertement, avaient recours aux sourdes intrigues, aux menaces anonymes. Jeanbon reçut une lettre le prévenant que s’il votait la mort du roi, sa femme serait immolée en représailles et lui-même
1. Louis Blanc, Histoire de la Révolution, 1. IX, pp. 181, 182.
2. Conformément à la loi du 19 octobre 1792 qui ordonne le renouvellement des corps administratifs, municipaux, judiciaires, le 16 décembre commencent les opérations pour le renouvellement du corps municipal à Montauban (4e Reg. de la municipalité, fo 178 recto). Le 9 octobre, le club avait nommé une commission pour lui présenter une liste de candidats (Reg. C. club). Le club à peu près seul prend part aux élections, d'autant que le serment civique étant imposé aux électeurs et comprenant le serment ecclésiastique, tous les catholiques non ralliés à la constitution civile sont écartés du scrutin : le premier jour, sur 330 votants, 316 suffrages renomment maire Periés Labarthe (Livre Jaune, p. 183), le deuxième jour il y a 384 votants (i0id., p. 185), leur nombre va diminuant et le dernier notable élu a 63 voix. Quantité de gensnommés refusent leur élection. Maire, Marc-Antoine Periés-Labarthe, parmi les officiers municipaux, Constans Tournier, J.-P. Lugan; Jean Estève, Jacques-Philippe Rivals cadet, sont réélus procureur de la commune et substitut. Parmi les notables Poncet- Delpech, Claude Lanié (Livre Jaune, pp. 198-199).
3. Lettre de Paris, 2 janvier 1793, à la nouvelle municipalité.
4. Renouvelé du 25 au 27 septembre (M 101 Arch. Lot). Le 13 décembre Arbus Lapalme est élu président du directoire, Latreilhe secrétaire, Brun suppléant du procureur, Bruté voix prépondérante (Lxr f 58 verso, Arch. Tarn-et-Gar.). Lagentie est procureur syndic.
5. Gautier, Malfre et Derey, installés le 23 décembre (Livre Jaune, pp. 201-202 et note à l'intérieur de sa couverture).
6. Décidée le 11 janvier, autorisée par le directoire du district le 15, faite le 20 par Duprat, Robert Fonfrède et Grenier (Reg. 18 du Consist., Miscellanea Devals, papiers Bosquet).