Sur l'éducation nationale, Guillaume, t. I, p
2. Lettre du 28 octobre 1792, à la municipalité de Montauban (Révolution française, t. XXIX;-p:69).
3. Sur l'éducation nationale (Guillaume, t. I, p. 280). Cf. Jeanbon, le 8 mars, écrivant à la Société des Amis de la République de Montauban : la loi du 7 mars aura l'avantage « de nous donner, avec une honorable médiocrité, les vertus et l’aisance qui en sont la suite ».
4. Lettre du 28 octobre; à la Convention, le6 novembre 1792 (Moniteur, t. XIV, p. 408).
5. Voy. ch. vin, les vœux collectivistes des ouvriers de Montauban. Voy. Lockroy, Journal d’une bourgeoise, p. #10, et le club de Montauban : « aux banquiers, capitalistes et agioteurs de l’Empire », déjà cité au ch. ur... . : Cf. articlé de Gruenberg : « Quelques contributions à l’histoire du développement du socialisme moderne » (Revue d'économie politique, t. V, pp. 275-277.
6. Sur l’éducation nationale, Guillaume, 1.1, p. 281. - 7. Tbidem et Voy. plus loin sa lettre du 1% mars à la Société des Amis de la République de Montauban : «le droit sacré de la propriété a été violé ».
8. Partage égal des successions en ligne directe, répression des abus des successions collatérales, Noter qu'il ne songe res et ses collègues pas davantage, à modifier la forme de la propriété individuelle, il ne songe qu’à faire participer à cette propriété
sans recourir à cette loi ägraire dont l’idée seule révolle toutes ies habitudes d'esprit des contemporains, on aboutirait à une division fatale de la grande propriété en parcelles. L'Etat opérerait cette transformation mais l'Etat en avait le droit ‘... Jeanbon croyait donc respecter le droit de propriété, du moment qu'il frappait la propriété à la sortie des mains de son possesseur et non entre les mains de celui-ci : la distinction est subtile, dira-t-on, mais elle a son importance, car elle suffisait à rassurer pleinement la conscience de notre législateur.
Ces: idées avaient élé généralement adoptées au xvin° siècle, M. Lichlenberger, M. Espinas l’ont établi et la municipalité de Montauban, peu avant le départ de Jeanbon pour la Convention et en l'absence de celui-ci, avait proclamé le droit de l'Etat sur les propriélés privées *. Dans la Convention elles étaient acceptées de tous les Montagnards. Danton, le 19 août 1792, déclare qu'il veut « non l’égalilé impossible des biens, mais une égalité de droits et de bonheur * », Baudot écrira plus tard : « Nous voulions appliquer à la politique l’égalité que l'Evangile accorde aux chrétiens, nous ne voulions pas pour cela légalité des biens, ni la loi agraire, car ?Evangile ne dit nulle part qu’il faut partager son bien avec son voisin, mais il dit partout qu’il faut le secourir dans ses besoins *. » Maïs, ces
un plus grand nombre d'individus. Plus tard seulement, dans ses missions, il aura recours à des procédés dont quelques-uns seront aussi voisins du communisme que du collectivisme.
1. Jeanbon ne songe même pas à établir ce droit de l'Etat, c’est pour lui l'évidence. Cf. Lichtenberger, Le Socialisme au xvuie siècle, résumant les idées de Rousseau : la propriété est utile, doit être respectée, « mais au-dessus de tout est le pouvoir de l'État : celui-ci peut édicter les règles générales qu’il lui plait. Par conséquent il est le maitre d'organiser à un moment “quelconque de son existence la propriété comme il lui plait » (p. 160) et Espinas, La philosophie sociale du xviu* siècle el la Révolution, pp. 116, 149, 167. M. Espinas pense que les Montagnards respectent l’idée de la propriété individuelle parce qu’ils veulent simplement transférer la propriété des riches aux pauvres et songent par conséquent à la fortifier une fois qu’elle sera entre les mains de ceux-ci (p. 149). L'idée de ce transfert,'ils l’ont réellement, nous le verrons, mais ils ont un respect superstititieux pour le mot de propriété et ils n'admettent pas théoriquemént un autre type de propriété que la propriété individuelle.
2. Lichtenberger, p. 455. A. Espinas, pp. 112, 116, notamment. Le 16 août 1792, le conseil général de la commune engageant les citoyens à fournir aux volontaires des secours rappelle « cette vérité précieuse, base fondamentale de toute association politique, que dans les moments de cerise la propriété individuelle devient la propriété publique dans la mesure qui est nécessaire pour sauver la patrie » (Miscellanea Devals).
3. Voy. le même le 21’ septembre à la Convention (Moniteur, t. XIV, p. ?).
4. Notes historiques, p. 43. Cf. lettres de Cavaignac à la municipalité de Montauban (Révolution française, t. XXIX, pp. 80 et 83). Le plan de Lepeletier porte que pour diminuer les nécessités de l’indigence et le superflu de la richesse, « tout moyen convulsif est inadmissible, la propriété est sacrée » (Guillaume, t. IT, p. 46); il propose, pour subvenir à l'éducation des enfants, une taxe pesant surtout sur les riches, c’est là un expédient pour trouver de l’argent, c’est aussi un moyen rationnel de supprimer l'inégalité. Voy. au ch. v, Jeanbon user de taxes sur les riches dans le Lot à la fois par nécessité et par système.
idées étaient également celles des Girondins. Brissot a été bien Ste loin que les Montagnards et Jeanbon, il a nettement attaqué en 1780 la propriété individuelle : «la propriété exclusive, dit-il, est un véritable délit dans la nature », il appelle le vol « action vertueuse commandée par la nature même ! », paradoxe que ceci mais paradoxe inquiétant à coup sûr. La loi du 2 septembre, votée par la Législative alors qu’elle était sous l'influence desGirondins, divise les terres des émigrés devenues biens nationaux en lots médiocres, afin de les rendre accessibles aux petites bourses. Le journal de Brissot en décembre 1792 laisse de côté, il est vrai, les aphorismes trop osés d'il y a douze ans, mais demande l'établissement de l'égalité entre le riche et le pauvre, sans commotion ni atteinte à la propriété, par l'abolition de toute succession en ligne collatérale ?. Dans la Chronique de Paris, en. janvier 1793, Rabaut déclare poursuivre le même but, il va plus loin, il admet « des lois précises sur le maximum de fortune qu'un homme peut posséder et au-delà duquel la Société preud sa place et jouil de son droit »* il ajoute : « Quant aux lois à faire sur les héritages, les testaments, les dos, les donations, je n’en parle pas, tout le monde sait cela * ». Girondins et Montagnards voulaient donc également une modification dans la répartition de la propriété individuelle, tout en professant un profond respect pour le droit des possédants.
Cette théorie, commune aux deux partis, leur fournit néanmoins le prétexte, dès leur entrée à la Convention, d’un violent conflit, absolument comme les questions de fait et les personnalités qui les mettaient si souvent aux prises. Nous avons montré que, déjà en septembre 1792, les Girondins accusaient les partisans de la Commune de Paris de vouloir la loi agraire, ils étendirent ensuite cette accusation à tous les Montagnards, même à ceux qui avaient, en quittant leur département, recommandé le respect de la propriété à leurs électeurs, ils les rendirent solidaires des déclamations de Marat, les représentèrent comme avides de spoliations et de pillages. Jeanbon protesta dans son Écrit sur l'éducation nationale *, répétera en toute circonstance sa protestation ÿ. Effort
1. « Recherches philosophiques sur le droit de propriété ét sur le vol considérés dans la nature et dans la société ». Cf. Lichtenberger, op. cit., pp. 414-417.
2. L'article est, dit le journal, dû à un abonné, mais n'aurait pas été inséré si Brissot l'avait jugé contraire à ses propres idées (cité dans Buchez et Roux, t. XXII, p. 319).
3. Chronique de Paris, janvier 1793, n° x1x (Bibl. nat. Le? n° 218). Cf. Barère qui était du Centre, de la Plaine : «la Convention dans son origine ne voulait qu’organiser l'égalité par les lois et les mœurs » (Barère, Mémoires, t. |, p. 100). Michelet a très bien résumé les idées des Girondins sur cette question : do pas d'impôt sur le pauvre; 20 l’impôt progressif sur ceux qui possèdent ; 3° l'abolition de toute succession en ligne collatérale ; 4° l’adoption érigée en institution (t. VI, p. 184, note). Taine voit bien que les Girondins ont ici les mêmes idées que les Montagnards (Révolution, t. Il, pp. 432-433). Cf. Lichtenberger, op. cit., Espinas, pp. 140-142.