Aulard, Jacobins,t. V, p
4. Garrau avait fait observer que le procureur général syndic de la Haute-Garonne avait eu l'esprit assez délié pour aller trouver dans une loi de police de 1791 le droit de faire des visites domiciliaires dans une circonstance difficile (Mercure universel, t. XXIV, p. 411). Jeanbon dit que, pour encourager les administrations départementales, il fallait approuver l’arrêté du département de la Haute-Garonne et la Convention le fit par décret (Journal des Débats, février 1793, p. 317). Il est vrai qu'il s'agissait de rechercher des émigrés et des prêtres réfractaires. L'affaire est incom-
Les nouvelles que Jeanbon recevait de chez lui durant ce mois de février n’étaient pas propres à le calmer. Malgré un retour des Récollets de Bordeaux vers les Jacobins, mouvement d’ailleurs peu net, éphémère, et dont les Jacobins ne tinrent pas compte ‘, l'union et l'harmonie ne régnaient pas dans Montauban, de l’aveu même des municipaux. Le département du Lot ne renonçait point à son projet de force départementale, suivant en cela l'exemple du parti girondin dans la Convention et dans tout le pays. Les Montagnards étaient rendus responsables de tous les malheurs : si les subsistances augmentaient de prix c'était leur faute, au sein même des Jacobins de Montauban on répandail que Jeanbon avait écrit à la municipalité et au club pour faire monter le pain jusqu’à sept sols la livre ?, calomnie d'autant plus dangereuse que le prix du pain montait effectivement, que la misère devenait effrayante. Pour comble d’infortune, le 17 fé- vrier, le Tarn et son affluent le Tescou débordèrent “, les faubourgs de Montauban furent inondés et quantité de gens réduits à fuir dans la plus compiète détresse. N’était-il pas à craindre qu'ici comme à Paris, le populaire s’affolât, se portât à des excès? L'Europe se coalisait contre nous, la Convention menaçait par de décret de levée de 300,000 hommes, d'envoyer à l’armée précisément les citoyens qui lors des enrôlements volontaires des années précédentes s'étaient tenus à l'écart, et les riches égoïstes, les royalistes déguisés, effrayés de cette perspective allaient répétant que les Montagnards avaient poussé l’Europe à bout par l'exécution du roi, déblatéraient contre ces conventionnels, véritables Don Quichotte de la liberté, qui avaient voulu l'affranchissement de tous les peuples et ne recueillaient que l’hostilité générale. Et l'élément montagnard faiblissait
préhensible dans le Moniteur (t. XV, p. 559). Notons des motions sans importance de Jeanbon à la Convention (Moniteur, t. XV, p. 500; Journal des Débats, février 1793, p. 300; Moniteur, t. XV, pp. 567-582) et aux Jacobins (Aulard, Jacobins, t. V, p. 35).
1. No 170 de la correspondance des Jacobins à la date du 25 février, lettre sans «date des Récollets. Le 21 février, le club de Montauban félicite les Récollets de ce retour (2° Reg. corresp.). Le 13 février, Jeanbon écrit à la Société des Amis de la République de Montauban que la lettre des Récollets aux Jacobins « est à la vérité assez singulière. On y remarque tout l’orgueil de la mauvaise honte... Ont-ils écrit aux Sociétés affiliées pour désavouer leur circulaire ? Ont-ils cherché à guérir le mal qu'ils avaient fait? Eh! les hommes seront toujours les mêmes ! hardis et entreprenants quand ils font le mal, timides et réservés quand il faut le réparer. Au reste, cette lettre a fait ici peu de sensation, elle est trop visiblement le fruit des circonstances. »
8. Lettre du 20 février à la municipalité de Montauban (Révolution francaise, t. XXIX, pp. 76-77), discours de Jeanbon à la Convention, du 26 février (Moniteur, t. XV, p. 576), lettre du 17 mars à la Société des Amis de la République.
3. Le sac de blé commun qui était à 30 livres le 14 décembre 1792 est à 33 le 5 janvier 1793, et à 35 le 9 février à Montauban (Nouvelles Intéressantes, t. IT, 3° année, nos 1 et 6). Un décret du 8 décembre 1792 interdisant l'exportation et établissant, sous les peines les plus sévères contre les opposants, la liberté du commerce des grains à l'intérieur n’a eu aucun effet.
4. Voy. 4 Reg. de la municipalité, à cette date et jours suivants; lettres de Paris “1e mars 1793, de Jeanbon à la municipalité (Révolution française, t. XXIX, p. 79) et à la Société des Amis de la République.