‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 216 sur 889 · ANNONCE DES REVERS DE L'ARMÉE DE BELGIQUE · texte numérisé non relu

ANNONCE DES REVERS DE L'ARMÉE DE BELGIQUE

neutres deviennent des nations alliées ‘. » Le 8 mars, après avoir avoué « un moment d'inquiétude sur les succès de nos intrépides défenseurs », il annonçait la prise de Gertruydenberg et s’écriait : -CFrançais ! votre position est la plus belle peut-être où se soit jamais trouvé un peuple. Encore un effort, et vous goûterez les douceurs, et vous jouirez de la gloire d’être libres ». Il finissait par cette bravade : « L'Espagne veut être notre ennemie. Eh bien! tant mieux! nous prendrons ses galions et nous irons planter l'arbre de la Liberté devant la principale porte de la cathédrale de Séville ?. » Il était sincère : convaincus que la liberté devait vaincre, que nos soldats ne pouvaient pas être inférieurs aux esclaves des despotes, les Montagnards à Paris s’exaltaient mutuellement de leurs propres espérauces, s'enivraient des propos de leurs voisins au club, de leurs collègues à la Convention, se grisaient de paroles et de déclamations, et quand Jeanbon annonçait la prochaine plantation de l’arbre de la Liberté devant la cathédrale de Séville, il ne faisait que répéter une rodomontade de l’ex-comédien Collot d'Herbois ?. Mais l'alerte que Jeanbon signalait le 8 mars était bien fondée, et, tandis qu'il voyait l'avenir si rassurant, nos armées se désorganisaient par le départ des volontaires et l'anarchie des services administratifs ‘.

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