Abandon d’Aix-la-Chapelle le 3 mars
rèrent aussitôt. La Montagne proposa d'envoyer à l’armée les bataillons de volontaires venus des départements à l’appel de la Gironde et le débat sur la force départementale recommença : Lanjuinais, Buzot soutinrent la nécessité de la présence de ces bataillons à Paris pour empêcher des troubles, Barbaroux demanda leur maintien dans la capitale jusqu’à complète extinction de l'anarchie ‘. Jeanbon répondit que les Girondins écoutaient bien plus leurs passions que la froide raison et la logique, puisque, de l’aveu de Buzot, « la grande majorité de Paris élait composée de bons citoyens et d'hommes bien intentionnés », il n’était besoin, pour contenir les anarchistes que du « calme imposant » de la Convention et du respect de la loi. Puis : « on parle d’anarchistes... il n’est personne ici qui veuille l'anarchie, c'est une horreur et une atrocité de le prétendre, et ceux qui répètent constamment cette calomnie devraient être l’objet de l’exécration publique. » Interrompu par la droite, il sembla lui faire une concession : « Oui, nous voulions tous l’ordre ! » et une acclamation unanime lui répondit. Mais il reprit immédiatement son argumentation agressive : « J’ai entendu parler d’un corps qui v’est pas à la solde de la République et qui est cependant armé, qui à un point de ralliement, des drapeaux et des chefs. Je rends hommage aux intentions de ceux qui le composent : mais voyez quels malheurs, quelle anarchie seraient la suite de cet oubli des principes, si, par une souscription, une société ou des individus
Ne nous trouverions-nous pas dans cet état où chaque partie du tout, isolée, pourrait s’'armer contre la partie voisine, ou plutôt un gouvernement fédératif et féodal remplaceraït la république indivisible que vous avez décrétée? » Il conclut naturellement à l'envoi des volontaires départementaux à l’armée. Le girondin Boyer Fonfrède fit voter en définitive l'affectation à la garde des côtes, de ceux qui étaient venus des départements maritimes.
Le 6, les rumeurs alarmantes qui circulaient furent précisées par une lettre des commissaires de la Convention en Belgique au Comité de défense générale. Jeanbon somma le Comité d’en faire lecture à la Convention, il faut que le gouvernement, dit-il en substance, ne cache rien à l’assemblée et gouverne sous les yeux de la nation ?; cette théorie était plus en harmonie avec les principes d’un régime démocratique, que celle du secret dans les affaires adoptée sous l’ancien régime et, Jeanbon, membre de la minorité dans l'Assemblée, peu initié encore aux nécessités du gouvernement, trouvait son compte à la soutenir; nous verrons qu’une fois au pouvoir il adoptera la théorie contraire. Le Comité de défense obéil