‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 249 sur 889 · Papiers Bosquet · texte numérisé non relu

Papiers Bosquet

4. AFn 116. D’après une dénonciation de Combes-Brassard, il semble que Jeanbon soit revenu à Paris malade, et que cet individu l’ait accompagné (L?6, Arch. Tarnet-Garonne). :

5, Lettre du 17 mai au Comité de salut public.

égard, résolu à les écarter sans, pitié, eux et leurs avocats dans l Assemblée L.

Dans le Lot, Jeanbon laissait à ses adversaires le souvenir d’une véritable tyrannie. Des accusations d’arrestations arbitraires, de spoliation des riches allaient le poursuivre dans la Convention. La levée qu’il avait ordonnée de Toulouse rencontrait une opposition formidable, les commissaires chargés de l’effectuer dans les districts de Montauban et Lauzerte étaient . chassés de Moissac, les biens de l’un d'eux, Colombié, furent dévastés dans cette ville ?, et la nouvelle du décret de la Convention du 20 mai, décret qui frappait les riches d’un emprunt forcé d’un milliard, révoltait tous les gens aisés.

Les démocrates de leur côté s’attachaient davantage au système de compression qui faisait leur force. Ils y rencontraient en même temps la satisfaction de leurs convictions et de leurs ambitions, voire même de leurs appétits * : ils travaillaient pour la Révolution et pour la défense de la patrie, les meneurs du parti occupaient les fonctions rétribuées, la foule trouvait son gagne-pain dans les ateliers chargés de l'équipement des troupes el où une activité extrême succédait à la stagnation des années précédentes, ainsi que dans la fonderie de canons, dans l'établissement de charronnage. Et la classe populaire ne souffrait guère des mesures violentes des représentants : ceux qui partaient à l’armée, trop peu gâtés jusqu'alors par la vie pour que le service militaire leur fût pénible, ceux qui restaient, trop pauvres pour être atteints par les taxes et emprunts forcés dont étaient accablés les riches, ils trouvaient « juste » et « indispensable ». de « faire supporter les frais de la guerre par ces hommes orgueilleux et dénaturés dont les richesses se sont accrues aux dépens de la fortune publique “ ».

Jeanbon et ses collègues dans la région laissaient donc les partisans de la Montagne et de la Gironde plus affermis que jamais dans leurs idées et dans leurs colères, et résolus à une lutte décisive. De Bordeaux et de Montpellier en même temps venaient aux amis de la

1. Cf. Garat, Mémoires dans Buchez et Roux, t. X VIII, p. 382, qui montre que ces sentiments étaient ceux de tous les Montagnards, rerour de mission. M. A Espinas (op. cit., pp. 118,181) parait croire que la guerre fut entamée par les Montagnards contre les riches uniquement par principe, et que les riches, les modérés n’ont organisé la résistance qu'après 1793. On voit qu’il se trompe.

8. Lettre du Comité de Salut public de Montauban à Jeanbon du 31 mai 1793 (L 108, Arch. Tarn-et-Garonne). Colombié membre du département, ancien maire de Moissac, membre du club de cette ville, va dès lors engager avec ses compatriotes une lutte acharnée sur laquelle nous aurons à revenir.

3. Michelet constate que la minorité montagnarde « agit par combinaison violente d'intérêt et de fanatisme », qu’ « elle commença par prendre toutes les places pour elle-même » (ist. de la Révolution, t. VIE, p. 61). Quant aux appétits de la démocratie montalbanaise ils n'étaient pas tous honorables ou légitimes : une dénonciation présentée par un familier de Jeanbon, un certain Combes-Brassard, nous donne de cet individu une triste idée (L26 Arch. Tarn-et-Garonne), et le même document, quoique fort peu clair, montre que Jeanbon dut « tonner » contre les individus qui attaquaient le droit à la propriété.

4. Considérants de l’arrêté du 23 mai du département du Lot relatif à cette levée.

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