‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 25 sur 889 · Voy. Hugues, t. IIT, passim · texte numérisé non relu

Voy. Hugues, t. IIT, passim

5. Jeanhon Saint-André, Gonsidérations, dans Nicolas, p. 280, 287.

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it JEANBON PASTEUR A CASTRES

a bien désarmé, mais pas au point d’épargner aux calvinistes les milles petites vexations auxquelles donne prétexte la vie courante, ainsi que les blessures d’amour-propre qui empoisonnent l'existence journalière, avilissent l’âme faible, amassent la rancune dans l’âme fière ‘. Aussi est-ce avec raison que Rulhière qualifie la condition qui leur est faite « d'oppression lente qui se renouvelait sans cesse, qui répandait une insupportable amertume sur les plus douces consolations de la vie, sur les plus chères espérances » ?. Les protestants, délivrés des persécutions violentes, mais restés en butte aux chicanes et aux tracasseries, éprouvent que parfois, à l’égal d’une grande douleur, un énervement constant peut faire souffrir.

Un semblable état de choses devait exercer sur les idées des religionnaires et de Jeanbon Saint-André une influence considérable. Jeanbon n’a pas donné tout d’abord libre cours à son activité *, par suite des hésitations naturelles à tout débutant, ou soit que nommé pasteur de l’église de Castres à titre provisoire, il ait été tenu à une certaine réserve jusqu’à son admission définitive en 1775". Néanmoins, l’histoire de son ministère, antérieurement à 1780, date de sa rupture avec son troupeau, est déjà fort curieuse.

Au premier rang des fonctions pastorales figurent l'instruction religieuse et la prédication. C’est là une mission très délicate : il y a, dans la doctrine calviniste, deux tendances contradictoires, depuis qu'après l’avoir établie au nom du principe de libre examen par une interprétation rationnelle de la Bible, Calvin l’a imposée ainsi qu’une religion révélée au nom du principe d'autorité. L'esprit critique est demeuré un des caractères du calvinisme, a développé chez les ministres le goût de la discussion el de la controverse, les études et la science théologiques; par contre, ainsi que Bossuet l’a montré, née d’un acte de critique, la doctrine-calviniste est obligée, pour subsister intacte, de réclamer un acte de foi ÿ, et sans cesse l’exercice du libre examen risque d'entraîner les pasteurs loin de la formule adoptée . par le réformateur, ou leur suggère la tentation de s'attacher dans

‘le texte de l'Évangile aux vérités morales plus qu’à celles qui ont été données comme fondements au dogme. Jeanbon Saint-André a-til cédé à ce dernier penchant, ou s'est-il rallié au principe d'autorité en matière de foi et renfermé dans l’orthodoxie ?

Nous n’avons aucun détail sur son enseignement de tous les jours.

Nous savons qu’il eut grande réputation de prédicateur ; bien que sa

1. Voy. Jeanbon Saint-André, Considérations, dans Nicolas, p. 287 et avant (p. 285) : « c’est un poids bien‘pesant que celui de l’humiliation ».

2. Rulhière, Éclaircissements historiques sur les causes de lu Révocation de V'Édit de Nantes et sur l’état des Protestants en France depuis le commencement du règne de Louis X1V jusqu’à nos jours (sans nom d'auteur. Paris, 1788, 2 vol., in-8), t. II, p. 4.

3. Colloque général du Haut-Languedoc du 4 août 1774 (Hugues, t, II,

4. Colloque général du Haut-Languedoc du 13 juin 1775 (Hugues, t. IL, p. 139).

5. Voy. Rébelliau, Bossuet historien du protestantisme. Paris, 1891, in-80.

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