JÉANBON AU COMITÉ DE MARINE DE:LA CONVENTION
Les deux législatures antérieures léguaient à la Convention une marine complètement désorganisée, des états-majors où se multi-
plaient les conflits entre nobles et non nobles, des équipages et
ouvriers que ne contenait plus la terreur et qui n’entendaient point raison. L'esprit général de révolte contre la noblesse el contre le pouvoir central fomenté par les clubs et les administrations locales, favorisé par la décentralisation qu'avait établi la Constituante, aggravait encore cel état de choses. ES Pa
Dans la Convention, Jeanbon, ex-officier de la marine marchande, rencontra un certain nombre d'officiers et d’administrateurs de la ci-devant marine royale, et de députés des villes maritimes : Kersaint, Casabianca, Rochegude, Topsent, Niou, Blad, Marec, Pocholle !, etc. Il s’intéressait à nouveau, depuis 1790, aux questions relatives à la marine. Mais dans le Comité de marine dont la Convention décida l'établissement le 2 octobre ?, et qui fut chargé d'étudier les
63). Un décret de la veille, 16 septembre, règle l’uniforme pour les ofliciers : habit bleu, collet blanc, veste et culotte écarlate, tricorne, les boutons timbrés d’une ancre surmontée d'un bonnet de liberté (Procès-verbal, t. XVI, p. 8). 5
1. Casabianca (Luce de), né à Bastia en 1762, officier de marine, lieutenant de £e classe sur la liste de 1791, capitaine en 1793, député de la Corse à la Convention, membre des Cinq-Cents, capitaine du vaisseau amiral l’Orient, tué glorieusement à Aboukir (Dict. des Parlementaires). Rochegude (Pascal de), né à Albi vers 1742, capitaine de vaisseau de 2e classe sur la liste de 1791, député suppléant de la
noblesse de la sén échaussée de Carcassonne aux États généraux, siégea en 1790,
député du Tarn à la Convention et de la Somme aux Cinq-Cents, contre-amiral en 1790 (Aulard, Actes du Comité de Salut Public t. 1, p. 389). Topsent (Pierre-Nicolas), né à Quillebœuf (Eure) en 1755, capitaine de navire marchand, député de l'Eure à la Convention et aux Anciens, rentré dans la marine en l’an V comme commandant de la frégate {a Comète, rallié à Louis XVIIf, mort en 1816 (Dict. des Parlemenaires). Niou (Joseph), né à Rochefort le 6 janvier 1749, ingénieur de la marine, maire de Rochefort, député de la Charente-Inférieure à la Législative et à la Convention, membre des Anciens, directeur des constructions navales à Lorient en 1798, commissaire à Londres pour l'échange des prisonniers en 1799, membre du conseil des prises (1800-1814), proscrit en 1816, rentré en 1817, mort à Paris le 30 mai 1823 (Aulard, t. I, p. 499). Blad, né à Brest en 1764, employé à Brest dans l’administration de la marine, député du Finistère à la Convention, membre des Cinq-Cents, mort
‘à Toulon en 1798 (Dict. des Parlementaires). Marec, né à Brest en 1759, employé à
Brest dans l'administration de la marine, député du Finistère à la Convention, membre des Cinq-Cents, inspecteur du port de Gênes sous l’Empire, mort en 1828 (ibidem), Pocholle, né en 1764, maire de Dieppe, député suppléant de la Seine-Inférieure à la Législative, député de Seine-Inférieure à la Convention, commissaire du Directoire à l’armée d'Italie, puis aux îles loniennes, secrétaire du préfet de la Roër, sous-préfet de Neufchâtel en 1804, proscrit en 1816, rentré en 1830, mort en 1831 à Paris (Aulard, t. II, p. 526).
2: Fe ARRES décrète La formation d'un « Comité de marine formé de 18 membres » (Procès-verbal, t. I, p. 143).
- réformes et de préparer les lois relatives ! à la marine, le 15 octobre, l'Assemblée, dominée par les Girondins, fit entrer surtout des Girondins ou des membres de la droite; il n’y eut que trois Montagnards parmi les dix-huit titulaires du Comité, et Jeanbon après Granet et
Topsent, avant Pocholle, fut relégué sixième sur la liste des Sup-
pléants ?. Décus, les Montagnards s’efforcèrent de prendre dans ce Comité comme dans les autres une place plus importante, et les divisions qui paralysaient ou bouleversaient le travail législatif de l’As- . semblée se retrouvèrent dans le Comité avec les mêmes conséquences. Nous manquons malheureusement de documents pour préciser ce fait, et d’ailleurs pour tout ce qui concerne le Comité de marine *. Mais Jeanbon, 6° suppléant le 15 octobre 1792, est, en décembre, le dernier des titulaires et parfois le rapporteur du Comité ‘, et de plus en plus il s’efforcera d’intervenir dans les questions relatives à la marine qui seront portées à la tribune de l'assemblée; en outre, à côté du Comité de la Convention trop tiède, il y eut un Comité de marine des Jacobins, formé peut-être le 27 janvier, constitué au 10 février, sur lequel nous avons encore moins de renseignements, mais qui fut naturellement exclusivement composé de Montagnards el que Jeanbon domina en attendant de pouvoir dominer celui de la Convention *.
1. « Il doit préparer les travaux de la Convention sur tout ce qui peut être relatif à l'administration de la marine » (Tableau de la Convention nationale, Le6, n° 2, Bibl. nat.).
2. Sont élus : Rouyer, Kersaint, Niou, Defermon, Faure de la Seine-Inférieure Breard, Marec, Antiboul, Taveau, Michel, Sauvé, Maurel, Blad, Rochegude, Egalité,
Ribet, Gaudin, Daubermesnil; seuls Niou, Bréard, Égalité sont de francs Monta-.
gnards. Les suppléants sont‘: Granet de Marseille, Topsent, Castilhon, Giraud de la Rochelle, Guilhermin, Jeanbon Saint-André, Lefebvre de Chaïlly, Chaumont, Pocholle (Procès-verbal, t. II, p. 33). Le Comité siégera à partir de mai 1793, quand la Convention sera installée aux Tuileries, entre Les pavillons de l'Unité et de l'Égalité (Buchez et Roux, t. XX VI, p. 459).
3. Nous n'avons pas retrouvé ses papiers aux Archives de la marine et ils ne sont pas à celles des ColoniesS (il sera plus tard fusionné avec le Comité des colonies). Aux Archives. nationales, quinze cartons de la série D xvr et seize registres de la série D* xvi, renferment des vestiges de ses dossiers, mais dans les cartons il n’y a guère que des feuilles de travail de la commission de marine (le ministère) et d'une commission instituée auprès du Comité par décret du 24 vendémiaire an ILL adressées au Comité depuis le 7 fructidor an IT; dans les registres il n’y a guère que la mention d'enregistrement de pièces ; il est bien diflicile d’en rien tirer. Il faut y suppléer par le Procès-verbal dé la Convention et les rapports imprimés dans les cartons des Arch. nat., AD vu, 35-46 et AD xvyur°, 309.
4. Atmanach national pour 1793, publié en décembre 1792. Les montagnards occupent à côté de lui dans le Comité une grande place; le 18 décembre 1798, Jeanbon fait un rapport proposant de maintenir au service de l’État Ferdinand et Louis Berthoup, horlogers-mécaniciens de la marine (Journal des Débats, décembre 1792, Voy. l’Introduction). Le 27 février 1793, sur six membres adjoints au Comité de marine, quatre sont montagnards : Barras, Soubrany, Julien de Toulouse, Jullien de la Drôme (Procès-verbal, t. VI, p. 486).
5. Le 27 janvier, la Société, sur la proposition de Jeanbon, nomme une commission composée de ses membres et des députés marins de La Rochelle pour rectifier le code maritime (Aulard, Jacobins, t. V, p. 11), et, le 10 février, Jeanbon annonce que son plan épuratif du choix des marins préparé au Comité de marine des Jacobins