Discours du 31 mai 1792, déjà cité
2. « Ne borne plus les combats de mer à l’explosion du canon, dit-elle au marin ; nos grenadiers enlèvent les batteries avec la baïonnette : toi, tente les abordages, la hache à la main » (Buchez et Roux, t. XIV, p. 326). Un Mémoire dressé par le Conseil exécutif « pour servir d'instruction générale aux ofliciers de la marine commandant les vaisseaux, frégates et autres. bâtiments de la République », contient les mêmes
‘idées (ADvrx, 46, t. II, p. 278 du Recueil des Lois), et il est du 2 février, avant qu'il y
ait un ministre de la marine nettement montagnard.
3. Discours de Kersaint du 1° janvier 1793 : « C’est sur les ruines de la Tour de Londres que vous devez signer avec le peuple anglais... le traité » (Moniteur, t. XV, p. 25).
4, Voy: Chevalier, op. cit.
* insuffisants etne payaient pas d’obéissance le régime qui leur était si bienfaisant, mais on comprend que ‘—Jaissés comme la population des campagnes et l'ouvrier des villes, durant de longs siècles, dans l’ignorance et la misère, ils fussent encore incapables de se conduire.
Le seul remède possible à la situation, c'était la constitution d'un gouvernement assez démocratique et assez fort pour, d’une part, expulser les nobles des états-majors où, à leur tour, ils étaient devepus des intrus, et, d'autre part, pour éclairer le peuple des chantiers et des escadres sur la limite de ses droits et l’enchaîner à son devoir. Dans la marine comme ailleurs, la Révolution avait substitué la prépondérance de l'élément populaire à celle de l'élément aristocratique, mais l'ayant fait incomplètement elle avait abouti simplement à augmenter le trouble, les dissensions; celles-ci devaient durer jusqu’à ce que fut rendue décisive la victoire de l'élément populaire.
Les décrets les plus urgents votés, la Convention revint à ses querelles. Le ministre Monge croyait suppléer par la minutie du détail au Manque de vues d'ensemble : « Je craius que vous n’ayez pas de plan fixe, lui écrivait Redon, vos ordres se contrarient et leur exécution est souvent si difficile que vous êtes obligé de les changer ou de les retenir, ce qui produil un mauvais effet; vous ne paraissez pas avoir dans les chefs qui pourraient vous aider à porter le fardeau qui pèse sur vous toute la confiance qu’ils méritent... vous suivez l’impulsion des hommes qui prétendent que le patriotisme dont ils sont animés remplacent toutes les connaissances qui leur manquent ‘. » Au ministère, le désordre était tel qu’on passait une partie des journées à chercher les pièces les plus utiles, les registres n'étaient que « des amas » de papiers, les employés étaient absorbés par les discussions politiques, la lecture des journaux, le service de la garde nationale ?.
L'absence de direction au centre n’aurait pas manqué de faire naïtre l’anarchie dans les services des ports, mais nous avons vu que l'anarchie y sévissait depuis 1789: Maintenant, elle était portée au comble par les querelles furieuses des Girondins et des Montagnards ÿ. Nous en relèverons les terribles conséquences à Toulon. En Bretagne, après le trouble apporté par la conspiration royaliste de la Rouarie #, et les soulèvements de paysans suscilés par la levée:
1. Lettre du 14 janvier 1793 (Coutances, Brest en l’an LIT, travail déjà cité).
2. « De l'administration générale de la marine pendant les mois de février, mars, avril 1793 par un citoyen français. Paris, 17 mai 1793 », manuscrit anonyme existant dans les papiers de Dillon aux Archives nationales (T 2813), avec cette inscription en tête : « appartient au citoyen Lacroix, député ». Très net, très intelligent. Voici sa conclusion sur le ministère : « Travail incomplet et décousu; beaucoup de lettres, de rapports, d'écritures ; force intrigues, allées et venues ; rotation perpétuelle d'hommes et de papiers ; très peu de résultats. »
3. La population en 1792 et même au début de 1793 montrait cependant beaucoup de zèle contre les Anglais. Voy. le magnifique tableau de Michelet qui la représente à la garde des côtes (Révolution, t. VI, p. 325).
4. La répression eut lieu en mars 1793; le 19 juin 1793, les principaux meneurs