Moniteur, t. XVI, p
4. Sartre en “obtient une protestation contre le fédéralisme de la Haute-Garonne et Ke club de Cahors (Mémoire cité, p. 22).
>, Voy. plus loin lettres de Jeanbon, 18 juin à Filsac, 26 juin à Sartre.
Dameron à Orléans d’où ils se porteront dans les départements avoisinant la Vendée ‘. Le 13 également, s'engage dans la Convention, à
la nouvelle du soulèvement de l'Eure et du Calvados par Buzot, un
violent débat sur le fédéralisme. L’arrestation à Caen de Romme et Prieur de la Côte d'Or chargés de metire en défense les côtes de la Manche, a exaspéré les Montagnards : « Ne doit-on pas conclure de là, s’'écrie Cambon, que les administrateurs du Calvados voulaient faciliter une descente des Anglais? » Danton affirme que le 31 mai- 2 juin a fait « la gloire » de Paris, et, à la demande de Robespierre, l’Assemblée décrète que dans ces journées le conseil général révolutionnaire de la Commune et le peuple de Paris ont « puissamment concouru à sauver l’unilé et l’indivisibilité de la République ». Buzot est décrété d'accusation ?. La Convention refuse donc aux départements tout désaveu des faits accomplis. Cependant, le Comité de Salut public, dont est Danton, incline vers une politique de conciliation, de négociations avec les fédéralistes : nous savons par Baudot, qui tenait le propos de Cambon, qu’il fut posé en principe dans les Comités qu'aucun député girondin ne serait mis en jugement *. Quant à Jeanbon, membre lui aussi du Comité, une lettre qu’il écrit le 18 juin à Filsac, secrétaire de l’administration centrale du Lot,
montre ses dispositions. Il tient à rassurer les prêtres constitutionnels sur les bruits qui couraient d’une prochaine suppression de leur
traitement, et il proteste dans cette lettre que la gauche de la Convention est hostile à cette mesure. Les députés de l’administralion du Lot qui vont venir à Paris pourront constater, dit-il ensuite, qu’on ne s'y égorge pas, tandis qu’à Marseille et à Lyon, où dominent les fédéralistes, les patrioles sont massacrés : « Ce sont pourtant ces villes qui donnent, en ce moment, l'exemple et le signal de méconnaître l’autorité de la Convention nationale sous le frivole prétexte qu’elle n’a pas été libre quand elle a mis en arrestation trente-deux membres. Et les bons citoyens donnent dans ce piège grossier. »
Jeanbon, laissant ce sujet trop délicat, insiste alors sur le danger du fédéralisme : « Nous avons donc autant de républiques particulières qu’il y a de départements qui ont pris ce funeste parti. On a beau débuter dans toutes ces délibérations par jurer l'unité et l’indivisibilité de la République, un serment n’est qu’un mot, et le fait le contredit ici ouvertement. Il n’y a point d'unité sans un centre commun,... ceux
1. Moniteur, t. XVI, p. 647. Bourdon de l'Oise (François-Louis), né au Petit Rouy (Somme), en 1759, procureur au Parlement de Paris, député de l'Oise à la Convention, membre des Cinq-Cents, fructidorisé, mort à Sinnamary le 22 juin 1798 (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. IV, p. 563).
2. Moniteur, t. XVI, p. 640. Prieur de la Côte-d'Or, collègue de Jeanbon au Comité de Salut publie, s'appelait Prieur-Duvernois, né à Auxonne en 1763, officier du génie sorti de l’École de Mézières, député de la Côte-d'Or à la Législative et à la Convention, fut un des fondateurs de l'École polytechnique. Réélu aux Cinq-Cents par la Côte-d'Or, il sortit du Conseil en l’an VI, colonel du génie lors du 18 brumaire il demanda sa retraite, fut créé en 1808 comte de l’Empire, mourut à Dijon en 1832 (Dict. des Parlementaires).