‹ Le Conventionnel Jeanbon Saint-André 1749-1813Chapitre 315 sur 889 · PROGRÈS DE L'INSURRECTION · texte numérisé non relu

PROGRÈS DE L'INSURRECTION

Le 6 juillet, Couthon le dépassa en zèle répressif : des patriotes avaient été emprisonnés dans l'Ain et l'Isère par les fédéralistes, et au nom du Comité de Salut public Jeanbon promettait un rapport sur leur cas dans les vingt-quatre heures, Couthon exigea un décret de mise en liberté immédiate ‘. Le 8 juillet, Saint-Just lut son rapport relatif aux Girondins détenus, il l'avait modifié conformément aux - nouvelles tendances des Montagnards. Modéré de fait, car il ne frappait d'accusation, outre ceux qui avaient fui pour soulever l'Eure, le Calvados et Lyon, que Gensonné, Guadet, Vergniaud, Mollevaut Gardien, épargnait les autres dont Lasource et Rabaut Saint-Étienne et les rappelait même à la Convention comme « plutôt trompés que coupables », dans la forme, avec ses déclamations violentes, ses impulations erronées ou exagérées, ce rapport donnait satisfaction aux colères des Montagnards ?. Le soir aux Jacobins, Chabot résuma l'impression produite sur la gauche de la Convention par les derniers événements ; après Bourdon, il fit le procès du Comité qui devait être renouvelé sous trois jours, n’excepta que Jeanbon, Couthon et Saint- Just « dont, dit-il, les preuves sont faites, dont le patriotisme et la probité sont connus de toute la France », et qui ont été « paralysés par le Comité ». Robespierre l’appuya en termes moins précis #, Marat dans son journal, le même jour, émit un jugement analogue #.

Le 9, Jeanbon, au nom du Comité, fit une nouvelle manifestation de politique rigoureuse : il lut à la Convention un rapport très long, très étudié, contre les fédéralistes de Montpellier, et notamment contre le maire de cette ville, Durand, déjà mal vu des révolutionnaires exaltés pour sa grande fortune; il aliribua les intrigues de cet administrateur au désir de conserver ses biens, et tous les anathèmes des Montagnards contre l’égoïsme des riches, toutes les accusations de trahison qu’ils renvoyaient aux Girondins se retrouvent dans ce terrible factum. Cambacérès par quelques mots, un membre obscur de la droite par de ‘téméraires manifestations essayèrent seuls de protester *. Dans la même séance, Robespierre plaidait la mise en liberté de Rossignol, commandant de la 35° division de gendarmerie à l’armée des côtes de la Rochelle, qui avait été mis

Page 1