Aulard, t.-V, p
4. Le Publiciste de la République française, du 8 juillet (Bibl. nat.,; Le?, 227).
5. Ce rapport s'appuie sur un bulletin du Comité central de Salut public du département de l’Hérault, séances des 26, 27, 28 juin. Le conventionnel Couhey des Vosges applaudit à la lecture de cette pièce fédéraliste, il est envoyé à l'Abbaye (Moniteur, t. XVII, pp. 84-86). Le rapport avait été décidé en séance du’ Comité de Salut public du 8 juillet (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. V, p. 209). Sur le fédéralisme dans l'Hérault voy. Wallon, op. cit., t. Il, pp. 157- 158). Durand fut renvoyé par décret du 15 nivôse an II au tribunal révolutionnaire (Prôcès-verbal, t. XXVIIL, p: 302), et guillotiné le 19,4
en arrestation avec l’approbation de Westermann et du général en
-chef de cette armée, Biron. Rossignol, dont la troupe était composée
des vainqueurs de la Bastille, se montrait le type parfait de l’ouvrier parisien d’alors, démagogue sincère, soldat criard et indiscipliné ; Biron, l’ex-duc de Lauzun, ne parvenait pas à faire oublier par ses talents militaires et son dévouement à la République son nom et son
passé suspects. La Convention sur la motion de Saint-André décréla
l'élargissement provisoire de Rossignol ’. Le 10, Westermann fut dénoncé à son tour par Gasparin au nom du Comité : Goupilleau et Bourdon, représentants en Vendée, avaient profité d’un échec infligé à ce général le 5 juillet par les Vendéens pour signaler au Comité sa sévérité à l’égard des volontaires. Jeanbon s’acharna aussi sur
Westermann : ne pas aimer les volontaires, dit-il, c'était n'être pas.
républicain, d’ailleurs, pour bien des conventionnels, Westermann personnage turbulent, outrecuidant, s’isolant dans le commandement d’un corps distinct, la légion du Nord, était antipathique malgré sa bravoure superbe. Un décret fut rendu pour le traduire à la barre de l’Assemblée, cependant il devait à la fin d’août sortir indemne de celte mésaventure ?. Toujours dans cette séance du 10, Jeanbon, au nom du Comité, fit décider des mesures de réparalion envers les patriotes des Bouches-du-Rhône persécutés par les fédéralistes 5.
On était arrivé au moment de proroger les pouvoirs du Comité de Salut public ou de le renouveler. La discussion s’engagea ce jour-là même. Camille Desmoulins se lança dans une diatribe éperdue
contre le Comité. Tout récemment, il l'avait tourné en ridicule dans
un de ses plus spirituels pamphlets *; maintenant il attribuait à son
1. Moniteur, t. X VIL, p. 87. Hamel, Robespierre, t. III, p. 55. Sur ces faits, voy.
Chassin, Vendée palriole, t. 1, p. 185 sqq. Paris, 1894, in-8. Rossignol né en 1759 à Paris, ouvrier orfèvre, fut un des vainqueurs de la Bastille, prit part au 10 août et au 31 mai, colonel de la 35° division de gendarmerie à pied, général en chef à la place de Biron à l’armée des côtes de Brest et de Cherbourg, rappelé, comme nous le verrons, en 1794 à la suite de querelles avec Billaud Varenne et Ruamps, poursuivi par les thermidoriens, amnistié le 4 brumaire an IV, compromis dans le complot de Babœuf, déporté après le complot royaliste de la machine infernale par Bonaparte en ne mort à Anjouan, l’une des Comores en 1802 (Biogr. univer selle).
2. Jeanbon demandait une commission militaire pour examiner la hr de Westermann. Le Président lui observa que la proposition était inconstitutionnelle (Moniteur, t. XVII, p. 91). Voy. sur ces faits Aulard, Actes du Comilé de Salut public, t. V, p. 203, Chassin, Vendée patriote, t. Il, p. 287-295. Westermann François- Joseph, né à Molsheim (Alsace) en 1751, avocat à Colmar, soldat, adjoint aux adjudants généraux à l’armée des Ardennes le 14 septembre 1792, chef de la légion du Nord en janvier 1793, déjà décrété d'accusation le 2 avril, rendu à ses fonctions le 4 mai, général de brigade le 15; sera décapité avec Danton le 5 avril 1794 (Charavay, Correspondance générale de Carnot, 1894, t. IL, 1 vol. grand in-4, p. 80, note ?). Noter que le 18 juin Marat dans une de ses dernières apparitions à la Convention, l’avait dénoncé.
3. Moniteur, t. XVII, p. 92. Rapport décidé en séance du Comité de Salut public du 10 juillet au matin (Aulard, Actes du Comité de Salut public, t. V, p. 223).
4. Voy. Buchez et Roux, Réponse de C. Desmoutins à Arthur Dillon, t. XX VIN, pp. 276 sqq. Barère dit avec raison de C. Desmoulins : « Il avait beaucoup d’esprit et trop d'imagination pour avoir du bon sens » (Mémoires, t. IV, p. 189).