LE FÉDÉRALISME VAINCU A MONTAUBAN
présence du péril extérieur. Ce péril n’était pas encore assez effrayant pour triompher de ses scrupules et de ses méfiances.
A la même époque du moins, le conventionnel de Montauban assurait le triomphe du parti avancé dans sa ville natale.
Nous avons vu le Comité de Salut public et Saint-André fofo le parti montagnard montalbanais, isoler de la sorte Bordeaux de: Toulouse, puis, par le décret du 24 juin, frapper les fédéralistes de: Toulouse. Le résultat était si important que Chabot et Vadier en réclamaient le mérite pour les Montagnards de Toulouse et pour euxmêmes ‘, Le 27 juin, la Société populaire de Montauban triomphante lançait une adresse à ses concitoyens pour ramener à la Montagne tous les démocrates naguère égarés ; en prévision de la soumission de l'acte constitutionnel aux assemblées primaires, elle engageait les citoyens à rejeter définitivement la « clique aristofeuillantine », c’està-dire les riches, et à se défier, suivant une expression de son président Duprat, des « discours mielleux de ces hommes à coffre-fort ? ». Tout fut remis en question dans le courant de juillet par les démonstrations des Bordelais. Ils avaient obligé Treilhard et Mathieu, chargés de les apaiser, à quitter Bordeaux, et'ils organisaient à destination de Montauban et Toulouse une force départementale *. L'administration du Lot engagea bien, le 9 juillet, les citoyens du : département à accepter l’acte constitutionnel; mais, le 18 juillet, elle envoya son procureur général syndic, Sartre, à un Comité central de correspondance institué à Narbonne par les Représentants du Peuple à l’armée des Pyrénées Orientales, Comité que, le 22 juillet, la Convention cassa comme suspect de fédéralisme “. Après des manœuvres que Jeanbon dénonça le-8 juillet à la Convention ÿ, le 1‘ et.
1. Chabot aux Jacobins, le 8 juillet (Aulard, Jacobins, t, V, p. 293). ; 2. «La Société populaire ou les défenseurs de la République une et indivisible, fondée sur les bases sacrées de la liberté et de l'égalité de Montauban à leurs concitoyens », adresse rédigée au nom de la Société pour exprimer « son opinion et sa profession de foi sur les circonstances actuelles » (papiers Bosquet, collection Galabert).